Depuis quelques temps, je lutte et je lis.
La lutte, ça ne se passe pas au gymnase mais dans mon atelier. Et c'est plus difficile...
Plus enrichissant aussi, presque joyeux par moment bien que cela envahisse aussi mes nuits.
"Comment faire pour arriver là où je veux aller?"
"Comment faire pour rendre l'Émotion, la Beauté, comme je le voudrais?"
Peut-être n'atteindrais-je jamais mon but? Au moins, j'aurai marché avec énergie et détermination.
Je chéris cette lutte, ma quête, mes moulins à vent à moi !
Mon arène de ces derniers jours, en cours d'exécution: AH (son nom).
Lorsque je suis bien fatiguée, parce que l'intensité ça fatigue, je marche et je lis.
Un plaisir de lecture récent :
Défense de tuer, Louise Penny. De la série "Armand Gamache enquête".
J'ai fermé le livre hier en soirée, avec regret. Soufflée par la richesse de l'écriture, des personnages. Un directeur des enquêtes criminelles, qui aime l'art, la poésie, toujours amoureux de sa femme et passionné par ses enquêtes. Un roman policier magnifiquement traduit, qui parle de la vie, de la lumière et de la noirceur en chacun de nous.
J'en suis bouche bée... donc je me tais. Lisez-le!
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mercredi 15 février 2012
... C'était au temps des mammouths laineux !
Je viens tout juste d'enfin recevoir ce livre de Serge Bouchard, publié tout récemment.
Après quelques pages de lectures, je n'ai pu résister à partager mon bonheur.
Si vous cherchez du solide merveilleux à vous mettre sous la dent et au coeur du coeur, allez vite chercher ce bouquin! J'en reparle plus tard.
Après quelques pages de lectures, je n'ai pu résister à partager mon bonheur.
Si vous cherchez du solide merveilleux à vous mettre sous la dent et au coeur du coeur, allez vite chercher ce bouquin! J'en reparle plus tard.
lundi 14 novembre 2011
...Denise Boucher, poète et écrivaine!
Une femme remarquable à qui je pensais parfois, me demandant ce qu'elle pouvait bien devenir!
Ceux de ma génération se rappelleront "Les fées ont soif!", une pièce qui, en 1979, avait fait scandale pendant des mois, honnie des uns, admirée des autres. Une pièce que j'ai vue de mes yeux vue et qui m'avait bouleversée. Une pièce par les femmes, sur les femmes, que le TNM (toujours lui) et Jean-Louis Roux avait accepté de présenter!
Denise Boucher, c'est aussi la parolière de très belles chansons de Gerry Boulet. Quel couple de créateurs: un rocker et une poétesse féministe! Qui a tout de même donné de petites merveilles de chansons, dont Angela, Un beau grand bateau, Jézabel, etc.J'ai terminé, il y a trois jours, l'autobiographie de Denise Boucher, intitulée "La Voyelle" (il n'y a pas de féminin à voyou n'est-ce pas?) Sans complaisance, on revit avec elle une époque importante et mouvementée de notre Québec. Je peux dire, j'ai lu, à brides abattues, cette autobiographie, tellement le rythme et les rebondissements captivent!
Ce soir, je terminerai Au beau milieu, la fin. À 75 ans, Denise Boucher nous offre son premier roman. Un roman dont j'étire les dernières pages à la limite du possible.
Pour ceux que ça intéresse, voici un article qui mieux que je ne le ferais, nous parle de ce roman très, très remarquable et nous présente une auteur toujours percutante!
jeudi 22 septembre 2011
... la Gaspésie et Nelligan!
De retour.
Vacances simples et grandioses dans la péninsule gaspésienne en compagnie de JL, ma frangine et... Émile Nelligan.
D'abord la Gaspésie. Troisième fois en deux ans et... j'y retournerais la semaine prochaine.
À chaque fois, de nouvelles découvertes.
Sous prétexte de pêcher 2 jours le saumon à la Petite Cascapédia, - pêche qui s'est avérée difficile à cause des récentes inondations - nous nous sommes payés le grand tour en découvrant différents sites.
Les plus marquants: le musée d'histoire naturelle du parc national de Miguasha, le musée de la Bolduc de Newport, un salut à René Levesque à New Carlisle, le Chafaud de Percé qui présente des aquarelles et des sculptures de Suzanne Guité, le musée de la Gaspésie à Gaspé, la Galerie d'art Monique et Gisèle Benoit à Ste Anne des Monts, le Vieux Moulin de Ste Flavie, ses excellents produits du miel et son étonnant musée de la Neufve France, le musée régional de Rimouski, le site d'interprétation de l'anguille de Kamouraska et finalement le musée régional de Kamouraska. À peine avions-nous mis les pieds à cet endroit qu'on nous invitait à une conférence de Guy Frigon, grand chef national de la Confédération des peuples autochtones du Canada. Élu en 2010, M. Frigon est un autochtone traditionnel et porteur de calumet sacré, d'origine Mig'maq. Homme d'ouverture qui a vu neiger, il nous a menés au coeur de la culture autochtone, nous a présenté la spiritualité autochtone et expliqué la Roue de Médecine. J'ai été particulièrement touchée par son désir constant de créer des ponts entre les communautés. Me sont revenus en mémoire tant de jugements entendus, de préjugés entretenus envers les autochtones... j'ai pensé que le chemin serait long et ardu avant d'en arriver à une compréhension mutuelle.
Et Émile Nelligan dans tout cela?
J'avais glissé dans mes bagages l'excellente biographie de Paul Wyczynski commencée quelques jours avant le départ. Bien sûr, je connaissais Nelligan... comme tout le monde. "La romance du vin, Le vaisseau d'or, Rêve d'artiste". Je m'en suis approchée davantage et m'y suis brûlé le coeur. Un immense talent de poète et un destin immensément tragique aussi. Une oeuvre qui a continuellement été rééditée, maintenant traduite en plusieurs langues. Je veux ne jamais oublier combien Émile Nelligan aimait la poésie. Les "Poésies complètes" ne me quitteront pas de sitôt.
Vacances simples et grandioses dans la péninsule gaspésienne en compagnie de JL, ma frangine et... Émile Nelligan.
D'abord la Gaspésie. Troisième fois en deux ans et... j'y retournerais la semaine prochaine.
À chaque fois, de nouvelles découvertes.
Sous prétexte de pêcher 2 jours le saumon à la Petite Cascapédia, - pêche qui s'est avérée difficile à cause des récentes inondations - nous nous sommes payés le grand tour en découvrant différents sites.
Les plus marquants: le musée d'histoire naturelle du parc national de Miguasha, le musée de la Bolduc de Newport, un salut à René Levesque à New Carlisle, le Chafaud de Percé qui présente des aquarelles et des sculptures de Suzanne Guité, le musée de la Gaspésie à Gaspé, la Galerie d'art Monique et Gisèle Benoit à Ste Anne des Monts, le Vieux Moulin de Ste Flavie, ses excellents produits du miel et son étonnant musée de la Neufve France, le musée régional de Rimouski, le site d'interprétation de l'anguille de Kamouraska et finalement le musée régional de Kamouraska. À peine avions-nous mis les pieds à cet endroit qu'on nous invitait à une conférence de Guy Frigon, grand chef national de la Confédération des peuples autochtones du Canada. Élu en 2010, M. Frigon est un autochtone traditionnel et porteur de calumet sacré, d'origine Mig'maq. Homme d'ouverture qui a vu neiger, il nous a menés au coeur de la culture autochtone, nous a présenté la spiritualité autochtone et expliqué la Roue de Médecine. J'ai été particulièrement touchée par son désir constant de créer des ponts entre les communautés. Me sont revenus en mémoire tant de jugements entendus, de préjugés entretenus envers les autochtones... j'ai pensé que le chemin serait long et ardu avant d'en arriver à une compréhension mutuelle.
Et Émile Nelligan dans tout cela?
J'avais glissé dans mes bagages l'excellente biographie de Paul Wyczynski commencée quelques jours avant le départ. Bien sûr, je connaissais Nelligan... comme tout le monde. "La romance du vin, Le vaisseau d'or, Rêve d'artiste". Je m'en suis approchée davantage et m'y suis brûlé le coeur. Un immense talent de poète et un destin immensément tragique aussi. Une oeuvre qui a continuellement été rééditée, maintenant traduite en plusieurs langues. Je veux ne jamais oublier combien Émile Nelligan aimait la poésie. Les "Poésies complètes" ne me quitteront pas de sitôt.Je suis gai! Je suis gai! Vive le soir de mai!
Je suis follement gai, sans être pourtant ivre!...
Serait-ce que je suis enfin heureux de vivre;
Enfin mon coeur est-il guéri d'avoir aimé?
Les cloches ont chanté; le vent du soir odore...
Et pendant que le vin ruisselle à joyeux flots,
Je suis si gai, si gai, dans mon rire sonore,
Oh! si gai, que j'ai peur d'éclater en sanglots!
(La romance du vin)
Je rattrape les 15 derniers jours en vous visitant tous. Vous m'avez manqué!
dimanche 4 septembre 2011
...la femme qui lit!
On dirait le titre d'un film ;-). Au fait, elle pleurait la femme du film, elle ne lisait pas.
La lectrice en moi est en ébullition. Je suis passée en moins d'un mois de Serge Bouchard aux trois magnifiques livres de Sergine Desjardins. Une ballade dans l'histoire québécoise. Pas toujours de tout repos la ballade: j'ai retrouvé en pire que ce que j'avais supposé: la mainmise inflexible du clergé, sa collusion avec les puissants, le mépris pour les femmes juste bonnes à enfanter et à servir, l'asservissement du petit peuple au service des "élites", les déclarations bornées, presque stupides de gens que j'admirais et dont la statue s'est déboulonnée toute seule. J'ai poursuivi avec la biographie d'Émile Nelligan, victime de sa maladie ET de son époque aussi. J'ai pleuré pour lui et la grande beauté de ses poèmes m'a consolée.
Moi qui aime bien sentir toutes mes antennes déployées, j'étais servie!
Puis je me suis souvenue de Julia Cameron, une sorte de thérapeute de la Créativité dont les techniques pratico-pratiques ont toujours donné des résultats étonnants. Pourquoi ne pas revoir tout ça après plus de dix ans. Toujours efficace et... si simple.
À ce point, les livres s'empilaient allègrement autour de mon fauteuil!
D'y ajouter les minces mais percutantes plaquettes de Stéphane Hessel n'a pas mis en danger l'équilibre des piles de livres, mais j'en ai été bousculée moi-même. Tant de dynamisme, de fraîcheur et d'à-propos chez un homme de 94 ans, qui a vu et participé aux grands événements du 20e siècle, ne pouvait que mobiliser mon attention. Un rescapé des camps nazis, un Résistant qui l'est demeuré jusqu'à maintenant, sans aigreur, ni esprit de vengeance et qui appelle à "l'insurrection pacifique". Tout un programme dans deux petits livres l'un de 28 pages, l'autre de 93 pages que je recommande à tous ceux qui en ont marre de la mauvaise gouvernance, de la corruption, des papotages inutiles, etc......
Indignez-vous!
Stéphane Hessel
Indigène Éditions, janvier 2011
Engagez-vous!
Stéphane Hessel
Éditions de l'Aube, 2011
La lectrice en moi est en ébullition. Je suis passée en moins d'un mois de Serge Bouchard aux trois magnifiques livres de Sergine Desjardins. Une ballade dans l'histoire québécoise. Pas toujours de tout repos la ballade: j'ai retrouvé en pire que ce que j'avais supposé: la mainmise inflexible du clergé, sa collusion avec les puissants, le mépris pour les femmes juste bonnes à enfanter et à servir, l'asservissement du petit peuple au service des "élites", les déclarations bornées, presque stupides de gens que j'admirais et dont la statue s'est déboulonnée toute seule. J'ai poursuivi avec la biographie d'Émile Nelligan, victime de sa maladie ET de son époque aussi. J'ai pleuré pour lui et la grande beauté de ses poèmes m'a consolée.
Moi qui aime bien sentir toutes mes antennes déployées, j'étais servie!
Puis je me suis souvenue de Julia Cameron, une sorte de thérapeute de la Créativité dont les techniques pratico-pratiques ont toujours donné des résultats étonnants. Pourquoi ne pas revoir tout ça après plus de dix ans. Toujours efficace et... si simple.
À ce point, les livres s'empilaient allègrement autour de mon fauteuil!
D'y ajouter les minces mais percutantes plaquettes de Stéphane Hessel n'a pas mis en danger l'équilibre des piles de livres, mais j'en ai été bousculée moi-même. Tant de dynamisme, de fraîcheur et d'à-propos chez un homme de 94 ans, qui a vu et participé aux grands événements du 20e siècle, ne pouvait que mobiliser mon attention. Un rescapé des camps nazis, un Résistant qui l'est demeuré jusqu'à maintenant, sans aigreur, ni esprit de vengeance et qui appelle à "l'insurrection pacifique". Tout un programme dans deux petits livres l'un de 28 pages, l'autre de 93 pages que je recommande à tous ceux qui en ont marre de la mauvaise gouvernance, de la corruption, des papotages inutiles, etc......
Indignez-vous!
Stéphane Hessel
Indigène Éditions, janvier 2011
Engagez-vous!
Stéphane Hessel
Éditions de l'Aube, 2011
mardi 2 août 2011
...Robertine Barry, vous connaissez?
J'ai fait sa connaissance grâce au remarquable ouvrage de Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque: Elles ont fait l'Amérique. Leur récit a éveillé ma curiosité et m'a incitée à plonger dans les deux ouvrages de Sergine Desjardins: Robertine Barry, tome 1, La femme nouvelle (2010), ainsi que Robertine Barry, tome 2, On l'appelait Monsieur (2011).
Le fait que Robertine soit née quelques mois avant ma grand-mère paternelle a aussi stimulé mon intérêt. Cette grand-mère qui a vécu avec nous les dernières années de sa vie, je la connaissais aussi bien qu'un enfant peut le faire et j'étais curieuse des parallèles à établir avec une autre femme de son époque.Robertine Barry devint, en 1891, la première femme journaliste de langue française au Québec, vivant de son travail et faisant partie de l'équipe du journal La Patrie, fondé par Honoré Beaugrand. Elle dut tout de même signer la plupart de ses articles "Françoise", tellement il était de mauvais ton qu'une femme de son milieu gagne sa vie. Honoré Beaugrand ne freina en rien son enthousiasme, sa verve, ne s'objecta à aucune de ses attaques et de ses prises de position, qu'il s'agisse de l'éducation des filles, de la lutte à la pauvreté, du célibat dont elle faisait l'apologie, de la venue du tramway électrique à Montréal, des mauvais traitements faits aux chevaux de calèche, etc... Un franc-parler et un humour tout à fait inusités chez une femme de l'époque, une femme journaliste fort appréciée de ses lecteurs et gardée à l'oeil par les hautes instances de l'Église catholique (évidemment!).
Robertine eut la chance de grandir aux Escoumins et à l'Ile Verte, dans une famille ouverte sur le monde, cultivée, où les livres et les journaux canadiens et européens (sans censure aucune) étaient à l'honneur, de même que la musique. Très tôt, elle décida d'écrire, de devenir journaliste. Comme l'université était interdite aux filles (McGill University existait pour les femmes anglophones et il était inconcevable qu'elle s'y inscrive. À l'époque, les femmes d'ici qui osaient faire médecine aux USA ne pouvaient travailler que là-bas, le droit de pratique leur étant refusé au Québec). À la fin de ses études chez les Ursulines de Québec, Robertine se consacre à l'écriture et quelques années plus tard, dans la jeune vingtaine, rejoint l'équipe du journal La Patrie. Les années qui suivent sont consacrées à sa Chronique du lundi et à son travail de journaliste. Elle milite de manière constante contre les préjugés et les abus faits aux femmes. Celles-ci partaient de loin: considérées au même titre que les enfants et les aliénés, elles ne pouvaient gérer leurs propres avoirs (si elles en avaient), ou travailler à l'extérieur. Le célibat des femmes était suspect (excusé seulement si la femme veillait sur ses vieux parents). La fille passait de l'autorité du père à l'autorité du mari, auquel cas, elle se devait de procréer régulièrement!!!! Robertine avait donc du pain sur la planche et elle se lança dans la bataille avec fougue malgré les quolibets et les menaces. Son influence sur ses lecteurs et lectrices fut incontestable.
Comme le souligne Bouchard/Lévesque dans leur ouvrage, le travail d'observation et d'écriture de Robertine Barry est tellement juste et précis qu'on peut parler d'un "travail ethnographique" qui s'avère fort précieux pour qui s'intéresse à cette époque.
Ma grand-mère Clémentine née tout juste un an plus tard que Robertine, se maria à 22 ans, enfanta 5 garçons et 2 filles (l'une mourut accidentellement à 18 ans, l'autre fut recrutée chez les Soeurs). Le travail de son mari le menant sur divers chantiers, elle éleva sa marmaille souvent seule. Habitant la maison voisine de l'église de son village, elle fréquentait les messes et offices religieux avec assiduité. Elle se conforma entièrement à ce que son époque attendait d'elle. Fut-elle heureuse? Je crois que comme des milliers de femmes de son temps, elle ne se posa jamais la question. Acceptation, résignation et prières...
jeudi 7 juillet 2011
...un grand bonheur à portée de main !
J'ai reçu "Un assassin blanc comme neige", le nouveau livre de Christian Bobin.
Il est de ces livres qu'on lit tout doucement... pour faire durer le bonheur! On le voudrait massif ce livre, 1000, 2000 pages : il n'en compte que 94, chacune un pur bijou !
Le bonheur émerge de chaque phrase. J'imagine Bobin comme un orfèvre du coeur, un musicien des mots. Tout cela dans une simplicité désarmante.
Quelques phrases prises au hasard:
... Un bourdon au col d'astrakan fouille sans relâche le soleil d'un pissenlit. Je n'ai jamais vu quelqu'un travailler autant - Bach peut-être.
... Un agneau mange des boutons d'or comme un ermite mâche les paroles de sa bible.
...Les gens assis le long du couloir menant au scanner, je les reconnais au premier regard: c'est le peuple gris du quai de gare d'Auschwitz. Les hôpitaux nous mènent si loin de chez nous que notre âme peine à nous suivre.
Christian Bobin est mon écrivain "du coeur des choses". Il ne fafine pas, n'essaie pas de faire, il est - il voit - il écrit. Une dernière phrase, possible lien avec le titre du livre :
...Écrire comme on commet un crime à froid, en conduisant d'une main ferme le couteau jusqu'au coeur non prévenu.
Bonheur, conscience et courage à tous!
Il est de ces livres qu'on lit tout doucement... pour faire durer le bonheur! On le voudrait massif ce livre, 1000, 2000 pages : il n'en compte que 94, chacune un pur bijou !
Le bonheur émerge de chaque phrase. J'imagine Bobin comme un orfèvre du coeur, un musicien des mots. Tout cela dans une simplicité désarmante.
Quelques phrases prises au hasard:
... Un bourdon au col d'astrakan fouille sans relâche le soleil d'un pissenlit. Je n'ai jamais vu quelqu'un travailler autant - Bach peut-être.
... Un agneau mange des boutons d'or comme un ermite mâche les paroles de sa bible.
...Les gens assis le long du couloir menant au scanner, je les reconnais au premier regard: c'est le peuple gris du quai de gare d'Auschwitz. Les hôpitaux nous mènent si loin de chez nous que notre âme peine à nous suivre.
Christian Bobin est mon écrivain "du coeur des choses". Il ne fafine pas, n'essaie pas de faire, il est - il voit - il écrit. Une dernière phrase, possible lien avec le titre du livre :
...Écrire comme on commet un crime à froid, en conduisant d'une main ferme le couteau jusqu'au coeur non prévenu.
Bonheur, conscience et courage à tous!
vendredi 8 avril 2011
...le Soufisme ?!?!
Je termine la première lecture (parce qu'une deuxième suivra) de Soufi, mon amour, de Elif Shafak.
J'aime qu'un livre me propulse plus en profondeur dans des univers fascinants. Et le Soufisme, sans que je le connaisse bien, me fascine. Comme à l'habitude, j'y prendrai ce qui me convient pour aller plus loin dans ma participation à la Vie.
Ce roman d'Elif Sharak, suit en parallèle la rencontre d'Ella (mère de famille aisée du Massachusett et lectrice pour un agent littéraire) avec un roman,"Doux blasphème" d'un nouvel auteur, Aziz Z. Zahara. qu'elle devra lire et évaluer. Sujet de ce roman: la rencontre du poète Rûmi et d'un célèbre derviche du monde musulman, Shams de Tabriz. Bouleversée par l'oeuvre de Zahara, que nous lisons en même temps qu'elle, Ella le contacte par courriel.
Tout au long de ce roman, le lecteur sera porté par deux courants: celui de la vie d'Ella qui se transforme et celui du destin de Shams de Tabriz et de Rûmi. Mon intérêt pour le Soufisme s'en est trouvé ravivé.
Du soufisme, je me souviens l'élégance recueillie des "derviches tourneurs", découverts pour la première fois à NY dans une petite salle. Des hommes vêtus de longues robes évasées, qui pivotent sur eux-mêmes, doucement d'abord puis de plus en plus rapidement au son d'une musique et/ou de chants lancinants, une paume levée vers le ciel (pour recevoir) et l'autre tournée vers la terre (pour redonner)!
Quelques années plus tard, lors d'un atelier d'expression, j'ai pivoté sur moi-même pendant une vingtaine de minutes, une paume levée vers le ciel, l'autre vers la terre, mes craintes du départ rapidement diluées dans un profond sentiment d'unité et de paix.
Le peu que je connais du Soufisme me parle d'ouverture, d'amour, de tolérance! Assez pour me donner envie d'y aller voir!
J'aime qu'un livre me propulse plus en profondeur dans des univers fascinants. Et le Soufisme, sans que je le connaisse bien, me fascine. Comme à l'habitude, j'y prendrai ce qui me convient pour aller plus loin dans ma participation à la Vie.
Ce roman d'Elif Sharak, suit en parallèle la rencontre d'Ella (mère de famille aisée du Massachusett et lectrice pour un agent littéraire) avec un roman,"Doux blasphème" d'un nouvel auteur, Aziz Z. Zahara. qu'elle devra lire et évaluer. Sujet de ce roman: la rencontre du poète Rûmi et d'un célèbre derviche du monde musulman, Shams de Tabriz. Bouleversée par l'oeuvre de Zahara, que nous lisons en même temps qu'elle, Ella le contacte par courriel.
Tout au long de ce roman, le lecteur sera porté par deux courants: celui de la vie d'Ella qui se transforme et celui du destin de Shams de Tabriz et de Rûmi. Mon intérêt pour le Soufisme s'en est trouvé ravivé.
Du soufisme, je me souviens l'élégance recueillie des "derviches tourneurs", découverts pour la première fois à NY dans une petite salle. Des hommes vêtus de longues robes évasées, qui pivotent sur eux-mêmes, doucement d'abord puis de plus en plus rapidement au son d'une musique et/ou de chants lancinants, une paume levée vers le ciel (pour recevoir) et l'autre tournée vers la terre (pour redonner)!
Quelques années plus tard, lors d'un atelier d'expression, j'ai pivoté sur moi-même pendant une vingtaine de minutes, une paume levée vers le ciel, l'autre vers la terre, mes craintes du départ rapidement diluées dans un profond sentiment d'unité et de paix.
Le peu que je connais du Soufisme me parle d'ouverture, d'amour, de tolérance! Assez pour me donner envie d'y aller voir!
lundi 7 février 2011
...le dernier Ken Follett - À lire !
J'en suis à la page 827 (sur 998) du dernier Ken Follett, La chute des géants - Le siècle, et mon enthousiasme se maintient toujours. Je ralentis même mon rythme de lecture pour mieux déguster les cent et quelques pages qui restent. Et j'insère à mes temps libres d'autres lectures pour faire durer le plaisir de celle-là!
Dire que je n'avais pas l'intention de lire le dernier Follett qui porte sur le 20e siècle! Je croyais mpossible qu'il ait pû faire mieux que "Les piliers de la terre" et sa suite "Un monde sans fin"! Mais voilà, JL m'a rapporté La chute des géants, tome 1. J'aime ce livre pour la même raison qui me faisait hésiter: parce qu'il s'agit d'une époque connue, vécue, la nôtre. Qu'il me semblait connaître...
Follett a construit son intrigue sur un fond historique très très fouillé. Les personnages si attachants soient-ils me semblent moins importants que la trame sur laquelle se tisse l'action. Ce tome (il y en aura 3) couvre la période 1911-1924, où l'Europe va passer de la monarchie à la démocratie dans la douleur et la guerre. L'action commence dans les mines de charbon d'Angleterre, une exploitation presque féodale. On perçoit déjà, chez les mineurs exploités et harassés par leurs mauvaises conditions de travail et de vie, les germes de ce qui deviendra la force ouvrière, le syndicalisme. Pendant ce temps, en Russie, le régime des tsars va sur sa fin à force d'exploitation, de brutalité et d'inconscience. Les mouvements de grèves sont réprimés dans le sang. Le peuple affamé se révolte, le mouvement bolchévique nait. Quant à l'Allemagne toujours persuadée de sa supériorité, elle entend dicter sa loi. L'assassinat d'un archiduc en Autriche sert de prétexte au déclenchement de la première guerre mondiale.
Je n'ai aucun talent de critique littéraire. Je ne peux que dire, j'ai aimé ce livre. Parce qu'entre autre, il me permet de mieux comprendre d'où je viens. En tant que québécois, nous avons été colonisés, mais nous étions nombreux sur toute la planète à l'être (et un grand nombre le sont encore). L'Angleterre, la France, l'Allemagne, la Russie, au nom du développement et de l'enrichissement, ont créé, aux Amériques, en Afrique, en Asie, en Océanie, des centaines de millions de colonisés qui ont dû apprendre à devenir des hommes libres et des citoyens à part entière. Le 20e siècle fut, pour nombre d'entre eux, le début de la libération. À l'intérieur même de ces grands états coloniaux, l'affaiblissement et la disparition des monarchies firent place à la création de parlements et d'assemblées. La démocratie à l'oeuvre. Et pour y arriver des errements, des exactions! La démocratie en marche. Une marche longue, loin d'être terminée, à laquelle nous participons, sans toujours en prendre conscience.
À la lumière de ce livre, les événements d'Égypte, de Tunisie, la faiblesse et l'incurie de certains dirigeants, la déresponsabilisation et les malversations de toutes sortes, etc... nous apparaissent sous un autre éclairage!
Le seul bémol: ce livre est lourd (1.4 kg), installez-vous confortablement!
Bonne lecture!
Dire que je n'avais pas l'intention de lire le dernier Follett qui porte sur le 20e siècle! Je croyais mpossible qu'il ait pû faire mieux que "Les piliers de la terre" et sa suite "Un monde sans fin"! Mais voilà, JL m'a rapporté La chute des géants, tome 1. J'aime ce livre pour la même raison qui me faisait hésiter: parce qu'il s'agit d'une époque connue, vécue, la nôtre. Qu'il me semblait connaître...
Follett a construit son intrigue sur un fond historique très très fouillé. Les personnages si attachants soient-ils me semblent moins importants que la trame sur laquelle se tisse l'action. Ce tome (il y en aura 3) couvre la période 1911-1924, où l'Europe va passer de la monarchie à la démocratie dans la douleur et la guerre. L'action commence dans les mines de charbon d'Angleterre, une exploitation presque féodale. On perçoit déjà, chez les mineurs exploités et harassés par leurs mauvaises conditions de travail et de vie, les germes de ce qui deviendra la force ouvrière, le syndicalisme. Pendant ce temps, en Russie, le régime des tsars va sur sa fin à force d'exploitation, de brutalité et d'inconscience. Les mouvements de grèves sont réprimés dans le sang. Le peuple affamé se révolte, le mouvement bolchévique nait. Quant à l'Allemagne toujours persuadée de sa supériorité, elle entend dicter sa loi. L'assassinat d'un archiduc en Autriche sert de prétexte au déclenchement de la première guerre mondiale.
Je n'ai aucun talent de critique littéraire. Je ne peux que dire, j'ai aimé ce livre. Parce qu'entre autre, il me permet de mieux comprendre d'où je viens. En tant que québécois, nous avons été colonisés, mais nous étions nombreux sur toute la planète à l'être (et un grand nombre le sont encore). L'Angleterre, la France, l'Allemagne, la Russie, au nom du développement et de l'enrichissement, ont créé, aux Amériques, en Afrique, en Asie, en Océanie, des centaines de millions de colonisés qui ont dû apprendre à devenir des hommes libres et des citoyens à part entière. Le 20e siècle fut, pour nombre d'entre eux, le début de la libération. À l'intérieur même de ces grands états coloniaux, l'affaiblissement et la disparition des monarchies firent place à la création de parlements et d'assemblées. La démocratie à l'oeuvre. Et pour y arriver des errements, des exactions! La démocratie en marche. Une marche longue, loin d'être terminée, à laquelle nous participons, sans toujours en prendre conscience.
À la lumière de ce livre, les événements d'Égypte, de Tunisie, la faiblesse et l'incurie de certains dirigeants, la déresponsabilisation et les malversations de toutes sortes, etc... nous apparaissent sous un autre éclairage!
Le seul bémol: ce livre est lourd (1.4 kg), installez-vous confortablement!
Bonne lecture!
vendredi 21 janvier 2011
...le défi lecture de Femme Libre !
Hier, JL, que ma boulimie de lecture étonne toujours, me ramène le 1er tome de La chute des géants de Ken Follett. Petit ton narquois et sourire en coin: "T'en auras pour un bout j'espère!" C'est certain: 998 pages!!! À moins de ne faire que ça, pas question, j'aime trop ma liberté. Alors, ca prendra le temps que ça prendra, entrecoupé bien évidemment d'autres lectures, de d'autres activités aussi.
De Ken Follett, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt, Les piliers de la terre et sa suite, Un monde sans fin. Deux énormes briques qui m'ont valu des maux d'épaule, de bras. Il y est question du Moyen-Age dans ses noirceurs, du début de l'ère des cathédrales, de la peste, des guerres. J'y suis demeuré rivée pendant des semaines. Totalement subjuguée par cet univers. Certains personnages m'accompagnent toujours.
Les écrivains tels Follett, Michener et quelques autres, me fascinent. Ils ne créent pas seulement une oeuvre de fiction mais un monument d'histoire, d'informations géographiques, sociologiques et techniques, et nous concoctent le tout chacun à leur manière. Michener travaillait entouré d'un véritable aréopage de recherchistes. Pour Follett, je finirai bien par savoir.
Excitant de s'embarquer dans une grande aventure. Surtout que cette dernière s'étale tout au long du 20e siècle, un siècle tourmenté et bouillant s'il en fut. Je vous en donnerai des nouvelles.
Bon weekend à tous.
De Ken Follett, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt, Les piliers de la terre et sa suite, Un monde sans fin. Deux énormes briques qui m'ont valu des maux d'épaule, de bras. Il y est question du Moyen-Age dans ses noirceurs, du début de l'ère des cathédrales, de la peste, des guerres. J'y suis demeuré rivée pendant des semaines. Totalement subjuguée par cet univers. Certains personnages m'accompagnent toujours.
Les écrivains tels Follett, Michener et quelques autres, me fascinent. Ils ne créent pas seulement une oeuvre de fiction mais un monument d'histoire, d'informations géographiques, sociologiques et techniques, et nous concoctent le tout chacun à leur manière. Michener travaillait entouré d'un véritable aréopage de recherchistes. Pour Follett, je finirai bien par savoir.
Excitant de s'embarquer dans une grande aventure. Surtout que cette dernière s'étale tout au long du 20e siècle, un siècle tourmenté et bouillant s'il en fut. Je vous en donnerai des nouvelles.
Bon weekend à tous.
jeudi 20 janvier 2011
Henry Miller au Sel de la Semaine (6 sur 6)
Eh bien, voici la toute dernière partie de cette entrevue de Fernand Séguin avec Henry Miller. Profitez-en bien! Bonne journée à tous!
jeudi 13 janvier 2011
Henry Miller au Sel de la Semaine (5 sur 6)
Plus on avance dans l'interview, plus c'est intéressant!
À 15 ans, j'ai eu un coup de foudre pour Miller avant même de le lire, en l'écoutant justement au Sel de la Semaine. Drôle d'ado !
mardi 11 janvier 2011
Henry Miller au Sel de la Semaine (4 sur 6)
La suite de l'interview. Je la dédie à Femme Libre qui a initié le défi "Lecture" et à tous ceux qui aiment les livres.
lundi 10 janvier 2011
... la peinture, l'écriture et Henry Miller !
Je continue ma lecture de "Henry Miller on Writing". Je lis plus lentement et avec le dictionnaire pour bien déchiffrer certaines expressions, histoire d'extraire au maximum la sève de ce livre. Il s'agit d'extraits de l'oeuvre de Miller concernant l'écriture et la création. De relire ces extraits m'excitent, me confirment dans le désir de retrouver tous ses lìvres, de me perdre dans son univers.
Dire que dans la prude Amérique des années 50-60, Miller était honni, banni, poursuivi pour pornographie. Assez drôle au regard de ce qui s'écrit aujourd'hui! Trop occupés à se scandaliser de certains passages leur paraissant scabreux, les Américains ont alors complètement occulté l'aspect poétique, créateur de son oeuvre. Heureusement, son succès européen en a incité quelques-uns à se questionner, ce qui à la fin lui a amené une certaine reconnaissance!
J'ai découvert Miller au début des années 70 (dans sa traduction française) et ce fut le coup de foudre. J'ai lu tout ce qui était alors disponible en français. Il m'a bouleversée, stimulée, excitée. Vous savez lorsque tout l'être se met à vibrer, que ça devient presque trop, presque insupportable.
Lors d'un premier séjour à Paris à la même époque, j'ai bouquiné chez les vendeurs de livres usagés jusqu'à ce que je trouve "Peindre, c'est aimer à nouveau!", un essai sur l'aquarelle (qu'il pratiquait avec succès). Heureuse de finalement mettre la main sur mon trésor, j'ai offert un bouquet de fleurs à la libraire...décontenancée de tant d'enthousiasme!!!
Il paraît que les gens que l'on admire en disent long sur qui ont est! Il faudra que j'y réfléchisse davantage!
Chose certaine, l'écriture, la peinture me fascinent. Je peux même ajouter qu'elles sont les deux pôles de ma vie créatrice, que par elles j'arrive à m'exprimer davantage pour le simple bonheur, le plaisir de voir naître....
Dire que dans la prude Amérique des années 50-60, Miller était honni, banni, poursuivi pour pornographie. Assez drôle au regard de ce qui s'écrit aujourd'hui! Trop occupés à se scandaliser de certains passages leur paraissant scabreux, les Américains ont alors complètement occulté l'aspect poétique, créateur de son oeuvre. Heureusement, son succès européen en a incité quelques-uns à se questionner, ce qui à la fin lui a amené une certaine reconnaissance!
J'ai découvert Miller au début des années 70 (dans sa traduction française) et ce fut le coup de foudre. J'ai lu tout ce qui était alors disponible en français. Il m'a bouleversée, stimulée, excitée. Vous savez lorsque tout l'être se met à vibrer, que ça devient presque trop, presque insupportable.
Lors d'un premier séjour à Paris à la même époque, j'ai bouquiné chez les vendeurs de livres usagés jusqu'à ce que je trouve "Peindre, c'est aimer à nouveau!", un essai sur l'aquarelle (qu'il pratiquait avec succès). Heureuse de finalement mettre la main sur mon trésor, j'ai offert un bouquet de fleurs à la libraire...décontenancée de tant d'enthousiasme!!!
Il paraît que les gens que l'on admire en disent long sur qui ont est! Il faudra que j'y réfléchisse davantage!
Chose certaine, l'écriture, la peinture me fascinent. Je peux même ajouter qu'elles sont les deux pôles de ma vie créatrice, que par elles j'arrive à m'exprimer davantage pour le simple bonheur, le plaisir de voir naître....
jeudi 6 janvier 2011
Henry Miller au Sel de la Semaine (2 sur 6)
Comme quoi la vie n'est pas toujours facile pour les écrivains débutants...
mardi 4 janvier 2011
...Un tel appétit de vivre !
Je m'enfonce à nouveau dans l'oeuvre de Henry Miller presque goulûment et je me dis: "Déguste, vas-y à petites doses. Prends le temps!" J'aime ces voyages dans une oeuvre littéraire chouchou. J'aime revisiter plus en profondeur ce que j'ai déjà découvert. Bénéfice marginal à l'aventure: ça aide à prendre la mesure de l'évolution, des changements personnels survenus depuis la première lecture . Pour le moment, je continue à lire Henry Miller on Writing, comme une sorte de prélude à mes retrouvailles avec ses deux Tropiques et sa Crucifixion en rose.
Henry Miller on Writing, ce sont des extraits de l'oeuvre de Miller dans lesquels il nous parle de l'art d'écrire, de comment il est devenu écrivain, de son excitation de toujours pour les mots, des livres qui l'ont influencé, du lien entre sa vie personnelle et son oeuvre.
Il y a, dans ce monde, tant de choses à découvrir, à re-découvrir. Quand j'y pense, je me sens un tel appétit de vivre! Ça me donne envie de prendre bien soin de moi pour continuer très longtemps à m'aventurer dans des univers inconnus. M'imprégner de la vie sous toutes ses formes et tout le temps.
Comme si toutes mes gourmandises s'étaient réveillées d'un seul coup !
Pour me forcer à y aller mollo, je lis en parallèle le dernier livre de Yann Martel, Béatrice et Virgile.
Henry Miller on Writing, ce sont des extraits de l'oeuvre de Miller dans lesquels il nous parle de l'art d'écrire, de comment il est devenu écrivain, de son excitation de toujours pour les mots, des livres qui l'ont influencé, du lien entre sa vie personnelle et son oeuvre.
Il y a, dans ce monde, tant de choses à découvrir, à re-découvrir. Quand j'y pense, je me sens un tel appétit de vivre! Ça me donne envie de prendre bien soin de moi pour continuer très longtemps à m'aventurer dans des univers inconnus. M'imprégner de la vie sous toutes ses formes et tout le temps.
Comme si toutes mes gourmandises s'étaient réveillées d'un seul coup !
Pour me forcer à y aller mollo, je lis en parallèle le dernier livre de Yann Martel, Béatrice et Virgile.
lundi 3 janvier 2011
...Henry Miller au Sel de la Semaine (1 sur 6) !
Première partie de cet interview. J'avais 16 ans, j'étais déjà conquise par la simplicité, la liberté et la vérité qui émanait de cet homme!
...une belle année toute neuve!
D'abord mes voeux. À vous tous, santé, intensité et plaisir à vivre.
Autant j'ai des réserves sur l'aspect commercial gnan-gnan des fêtes, autant je reçois coeur ouvert une belle année toute neuve, remplie de potentiel !
Surtout que l'autre, l'ancienne, 2010, s'est terminée en beauté. Moi qui ai toujours eu le Noël tristounet, qui l'ai souvent vécu grippée (parce que j'avais pris en grippe tout le tralala obligatoire qui l'entoure faut croire), eh bien, cette année, une euphorie du tonnerre m'a animée tout au long. À deux reprises, j'ai rencontré la famille, les ami(es), j'ai cuisiné pour eux avec grand plaisir et beaucoup d'amour. C'était simple mais si réchauffant. J'ai réussi à gommer les chagrins de mon enfance et les autres Noël tristes! Tout le monde en vit de ces Noël-là, mais certains s'en accommodent mieux que d'autres. Tout du long, l'allégresse m'a portée. Je l'ai accueillie sans la questionner! Et j'espère qu'elle se repointera en décembre prochain!!!
...
J'ai relevé le défi de Femme Libre: lire 52 livres dans l'année. Pas trop difficile, les livres me passionnent, m'ont sauvée, inspirée, divertie, etc. À trois ans, j'imitais ma grand-mère qui suivait, index et auriculaire pointés, les lignes de son journal quotidien. À six ans, j'étalais le journal par terre pour déchiffrer, accroupie, ce que je pouvais. J'ai tant découvert grâce aux écrivains qu'ils sont devenus mes amis.... et ça continue!
Je lis de tout, sur tout... ou presque! Romans, essais, biographies, livres d'art, d'histoire, de géographie, etc.
J'ai appris l'anglais en lisant les sagas de Michener. De fait, je lis l'anglais bien mieux que je ne le parle!
Côté lecture, l'année commence en grand. Je re-découvre Henry Miller, l'amour littéraire de mes trente ans, à travers ses écrits sur l'écriture, la création! J'en reparlerai, lorsque la fébrilité aura fait place aux idées claires. Ce qu'il écrivait en 1928 me sidère.... Pour vous donner une idée de l'homme, voici une traduction libre des Lois qu'il s'était fixées en période d'écriture (1932):
Une fois, toutes ces structures en place, Miller se mettait au travail dans un style totalement libre, presque débridé par moment. Il me fait aussi mesurer tout le travail de fond, de préparation qui structure le premier jet d'un livre.
Lui qui a été qualifié par certains, d'auteur porno (c'était il y a plus de 50 ans), se révèle aujourd'hui un des immenses écrivains de sa génération.
Bonne journée à vous!
Autant j'ai des réserves sur l'aspect commercial gnan-gnan des fêtes, autant je reçois coeur ouvert une belle année toute neuve, remplie de potentiel !
Surtout que l'autre, l'ancienne, 2010, s'est terminée en beauté. Moi qui ai toujours eu le Noël tristounet, qui l'ai souvent vécu grippée (parce que j'avais pris en grippe tout le tralala obligatoire qui l'entoure faut croire), eh bien, cette année, une euphorie du tonnerre m'a animée tout au long. À deux reprises, j'ai rencontré la famille, les ami(es), j'ai cuisiné pour eux avec grand plaisir et beaucoup d'amour. C'était simple mais si réchauffant. J'ai réussi à gommer les chagrins de mon enfance et les autres Noël tristes! Tout le monde en vit de ces Noël-là, mais certains s'en accommodent mieux que d'autres. Tout du long, l'allégresse m'a portée. Je l'ai accueillie sans la questionner! Et j'espère qu'elle se repointera en décembre prochain!!!
...
J'ai relevé le défi de Femme Libre: lire 52 livres dans l'année. Pas trop difficile, les livres me passionnent, m'ont sauvée, inspirée, divertie, etc. À trois ans, j'imitais ma grand-mère qui suivait, index et auriculaire pointés, les lignes de son journal quotidien. À six ans, j'étalais le journal par terre pour déchiffrer, accroupie, ce que je pouvais. J'ai tant découvert grâce aux écrivains qu'ils sont devenus mes amis.... et ça continue!
Je lis de tout, sur tout... ou presque! Romans, essais, biographies, livres d'art, d'histoire, de géographie, etc.
J'ai appris l'anglais en lisant les sagas de Michener. De fait, je lis l'anglais bien mieux que je ne le parle!
Côté lecture, l'année commence en grand. Je re-découvre Henry Miller, l'amour littéraire de mes trente ans, à travers ses écrits sur l'écriture, la création! J'en reparlerai, lorsque la fébrilité aura fait place aux idées claires. Ce qu'il écrivait en 1928 me sidère.... Pour vous donner une idée de l'homme, voici une traduction libre des Lois qu'il s'était fixées en période d'écriture (1932):
- Travailler sur une chose à la fois jusqu'à ce que ce soit terminé
- Ne pas commencer de nouveaux livres et cesser d'ajouter du matériel supplémentaire à celui qui est en train.
- Éviter la nervosité. Travailler calmement, joyeusement et sans arrêt sur l'ouvrage en train.
- Travailler en accord avec mon programme de travail et non en suivant mes états d'âme. Cesser d'écrire à l'heure fixée.
- Quand on ne peut pas "créer", on peut toujours "travailler". (J'aime tout particulièrement).
- Cimenter un peu plus chaque jour, plutôt que d'ajouter de l'"engrais".
- Demeurer un être humain: garder de l'espace pour voir des gens, des endroits, prendre un coup si ça me tente.
- Ne pas me traiter en cheval de trait. Travailler avec plaisir.
- Sortir du programme fixé lorsque j'en ai besoin, mais retrouver ce programme dès le lendemain. Au travail: concentration, épuration.
- Oublier le ou les livres que je souhaite écrire. Me concentrer sur celui que j'écris.
- Écrire, passe en premier. Peinture, cinéma, musique, amis, tout cela vient ensuite seulement.
Une fois, toutes ces structures en place, Miller se mettait au travail dans un style totalement libre, presque débridé par moment. Il me fait aussi mesurer tout le travail de fond, de préparation qui structure le premier jet d'un livre.
Lui qui a été qualifié par certains, d'auteur porno (c'était il y a plus de 50 ans), se révèle aujourd'hui un des immenses écrivains de sa génération.
Bonne journée à vous!
vendredi 26 mars 2010
...Le briseur de rosée!
Un livre que je viens tout juste de terminer. Un livre d'Edwige Danticat, une haïtienne qui vit aux USA et qui a publié plusieurs romans. Selon les critiques, celui-ci est le plus réussi, mais je vérifierai.
Les briseurs de rosée, c'étaient les tontons macoutes de papa Doc (Duvalier) qui pénétraient au petit matin dans les maisons pour arrêter les gens et les amener vers la prison, la torture et la mort très souvent. En créole, on les appelait les "shoukèt laroze". "Ils brisent les gouttes de rosée, puis ils brisent les os!"
C'est l'histoire donc d'un briseur de rosée qui vit à New-York après sa fuite d'Haïti. Il est marié, a une fille artiste, est coiffeur. Sa rencontre avec celle qui est devenue sa femme l'a, d'une certaine manière, sauvé. On apprend à le connaître à travers ceux qui le côtoient. À connaître mieux Haïti sous Duvalier père et fils, un pays et des habitants abandonnés à leurs bourreaux! Où étaient l'ONU, les grandes puissances, leurs voisins ?
Ce livre me semble une belle manière d'approcher d'un peu plus près la réalité haïtienne. L'écriture, le coeur et la sensibilité d'Edwige Danticat nous y aide grandement.
Un livre qui rejoint ma biblio restreinte de livres à relire!
Les briseurs de rosée, c'étaient les tontons macoutes de papa Doc (Duvalier) qui pénétraient au petit matin dans les maisons pour arrêter les gens et les amener vers la prison, la torture et la mort très souvent. En créole, on les appelait les "shoukèt laroze". "Ils brisent les gouttes de rosée, puis ils brisent les os!"
C'est l'histoire donc d'un briseur de rosée qui vit à New-York après sa fuite d'Haïti. Il est marié, a une fille artiste, est coiffeur. Sa rencontre avec celle qui est devenue sa femme l'a, d'une certaine manière, sauvé. On apprend à le connaître à travers ceux qui le côtoient. À connaître mieux Haïti sous Duvalier père et fils, un pays et des habitants abandonnés à leurs bourreaux! Où étaient l'ONU, les grandes puissances, leurs voisins ?
Ce livre me semble une belle manière d'approcher d'un peu plus près la réalité haïtienne. L'écriture, le coeur et la sensibilité d'Edwige Danticat nous y aide grandement.
Un livre qui rejoint ma biblio restreinte de livres à relire!
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