Retrouvé au coeur d'une pile, ce poème écrit il y a quelques années. Le lien s'est fait tout seul avec mon après "Incendies"! Je suis hantée par la grandeur et la force de "la femme qui chante"!
L'ultime liberté est celle de penser. Exprimer cette pensée demeure un luxe dans certains coins de notre monde. Liu Xiaobo, dissident chinois emprisonné et Prix Nobel de la Paix 2010 en sait quelque chose. Sa famille aussi.
Alekos, Alekos
Les arbres bruissent et sont verts
Les oiseaux s’ennuient de toi Alekos
Et les hommes te torturent
Alekos, Alekos
Le noir du caveau noir
Voilà ce qu’ils te réservent
Alekos, oiseau – homme
Ta chair déchirée, noircie, meurtrie
Ton cœur fermé sur la seule liberté
Tu survis, tu résistes, et tu la cries encore
Ta liberté, Alekos.
Les feuilles tombent à l’automne Alekos
Les arbres pleurent avec moi
Pour toi
Alekos, Alekos
Pour tous les Alekos
Et les Socrate
Pour tous les Christ
Ceux que personne n’a connus
Ceux qui ont payé le prix de leur seul amour :
Liberté!
Écrit après la lecture du livre, Un homme, d’Oriana Fallaci, vibrant hommage rendu à son compagnon, le résistant grec Alekos Panagoulis, assassiné en 1976.
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mardi 12 octobre 2010
jeudi 5 novembre 2009
...Shahrâzâd, raconte-moi!
Les jours sont, ou lents et vides de substance vivante, ou remplis à ras bord d’obligations, de fébrilité et… vides aussi de substance vivante. Je n’aime pas cela. Ce n’est pas dans l’ordre de ce que j’attends de la vie. De là à soupçonner qu’en cours de route, j’ai négligé, oublié ou renié des essentiels, il n’y a qu’un pas!
Je suis connue comme une bonne conteuse d’histoires ! Intéressante, amusante, avec de l’humour et une capacité réelle à ne pas me prendre au sérieux… lorsque je raconte aux autres, …parce que souvent, les mêmes histoires si j’osais me les raconter à moi-même, me feraient peut-être pleurer, tout au moins me laisseraient la gorge nouée et le cœur lourd. Je m’auto-dérisionne!
Une histoire, c’est l’évasion, la fuite, l’oubli. Je découvre que ça ne tient plus ce genre d’histoires si tout semble tourner à vide, si quelque chose cloche.
Je rêve toujours de raconter de belles histoires profondes, merveilleuses, de celles qui guérissent les plaies, apaisent le mal de vivre, redonnent goût à la vie. Des histoires qui soient comme un pain chaud lorsqu’on a faim et qu’il fait froid, comme un sourire chaleureux, un regard intéressé, lorsqu’on est seul! Des histoires qui font se tordre de rire!
Pour devenir bonne raconteuse d’histoires, il faut ne plus se raconter d’histoires à soi-même, et pour ce faire, d’abord s’en raconter une sans maquillage, ni garniture, ni complaisance : l’histoire de soi!
J’envie ces gens qui savent qui ils sont, qui promènent leurs certitudes avec eux… même si c’est pour se rassurer! J’ai, pour ma part, eu des dizaines de fois la certitude de m’être trouvée… avec sincérité et tout l’engagement dont je suis capable. M’ont suivie quelques amis qui me considèrent bizarrement comme quelqu’un de stable.
La vérité? Je haïs les classifications, la mise en boite. Le fil à la patte, très peu pour moi. Je rêve parfois d’arriver au port, à mon port d’attache, au pays qui est le mien!
« Homme, connais-toi! » Depuis des milliers d’années, au fronton d’un temple, les lettres gravées indiquent la voie. C’est là qu’il faut sans cesse recommencer.
Notre époque laisse peu de place à la recherche, encore moins à la réflexion, occupés que nous sommes à bien suivre les normes, à être du troupeau! La paix intérieure, apprise enfant dans le silence de la nature et des églises, et qui m’a servi de refuge dans les moments tragiques, voilà qu’elle n’a plus souvent place dans mon cœur inquiet, mon esprit préoccupé.
Notre siècle, notre temps, celui de la quantité et…des déchets! Des déchets qui pourrissent le corps et l’âme et toute la vie! Et on parle de « progrès »! Nous inventons, mais de toute évidence, sommes incapables de prévoir et d’assumer les conséquences de nos inventions.
Je veux m’arrêter, tout arrêter de temps à autre et prendre le temps de reconnaître ou de découvrir autour de moi, la beauté du tout-petit minuscule. J’en ai ras le bol des images fugaces, des idées filantes qui se perdent.
J’avais rêvé d’un Guide qui m’apprendrait la vie, l’univers, à comprendre le monde et les autres! Il y a eu Giono, Rilke, Bobin, Jung, Miller, Tournier… entre autre! Ensuite, j’ai voulu me prouver que je pouvais réaliser des choses, organiser, planifier, être efficace, réaliste, concrète, exigeante, dure envers moi-même et parfois envers les autres. J’ai appris que tout est possible à condition d’y mettre le prix. C’est au fond cela qu’il faut savoir : ce qu’on veut réussir et jusqu’où faire monter la mise! Ce qu’on est prêt à payer pour y arriver!
Quant au véritable Guide, il était là, je le portais en moi. Il lui en aura fallu du temps pour se faire entendre à celui-là! Peut-être attendait-il seulement que cesse le vacarme?
Je suis connue comme une bonne conteuse d’histoires ! Intéressante, amusante, avec de l’humour et une capacité réelle à ne pas me prendre au sérieux… lorsque je raconte aux autres, …parce que souvent, les mêmes histoires si j’osais me les raconter à moi-même, me feraient peut-être pleurer, tout au moins me laisseraient la gorge nouée et le cœur lourd. Je m’auto-dérisionne!
Une histoire, c’est l’évasion, la fuite, l’oubli. Je découvre que ça ne tient plus ce genre d’histoires si tout semble tourner à vide, si quelque chose cloche.
Je rêve toujours de raconter de belles histoires profondes, merveilleuses, de celles qui guérissent les plaies, apaisent le mal de vivre, redonnent goût à la vie. Des histoires qui soient comme un pain chaud lorsqu’on a faim et qu’il fait froid, comme un sourire chaleureux, un regard intéressé, lorsqu’on est seul! Des histoires qui font se tordre de rire!
Pour devenir bonne raconteuse d’histoires, il faut ne plus se raconter d’histoires à soi-même, et pour ce faire, d’abord s’en raconter une sans maquillage, ni garniture, ni complaisance : l’histoire de soi!
J’envie ces gens qui savent qui ils sont, qui promènent leurs certitudes avec eux… même si c’est pour se rassurer! J’ai, pour ma part, eu des dizaines de fois la certitude de m’être trouvée… avec sincérité et tout l’engagement dont je suis capable. M’ont suivie quelques amis qui me considèrent bizarrement comme quelqu’un de stable.
La vérité? Je haïs les classifications, la mise en boite. Le fil à la patte, très peu pour moi. Je rêve parfois d’arriver au port, à mon port d’attache, au pays qui est le mien!
« Homme, connais-toi! » Depuis des milliers d’années, au fronton d’un temple, les lettres gravées indiquent la voie. C’est là qu’il faut sans cesse recommencer.
Notre époque laisse peu de place à la recherche, encore moins à la réflexion, occupés que nous sommes à bien suivre les normes, à être du troupeau! La paix intérieure, apprise enfant dans le silence de la nature et des églises, et qui m’a servi de refuge dans les moments tragiques, voilà qu’elle n’a plus souvent place dans mon cœur inquiet, mon esprit préoccupé.
Notre siècle, notre temps, celui de la quantité et…des déchets! Des déchets qui pourrissent le corps et l’âme et toute la vie! Et on parle de « progrès »! Nous inventons, mais de toute évidence, sommes incapables de prévoir et d’assumer les conséquences de nos inventions.
Je veux m’arrêter, tout arrêter de temps à autre et prendre le temps de reconnaître ou de découvrir autour de moi, la beauté du tout-petit minuscule. J’en ai ras le bol des images fugaces, des idées filantes qui se perdent.
J’avais rêvé d’un Guide qui m’apprendrait la vie, l’univers, à comprendre le monde et les autres! Il y a eu Giono, Rilke, Bobin, Jung, Miller, Tournier… entre autre! Ensuite, j’ai voulu me prouver que je pouvais réaliser des choses, organiser, planifier, être efficace, réaliste, concrète, exigeante, dure envers moi-même et parfois envers les autres. J’ai appris que tout est possible à condition d’y mettre le prix. C’est au fond cela qu’il faut savoir : ce qu’on veut réussir et jusqu’où faire monter la mise! Ce qu’on est prêt à payer pour y arriver!
Quant au véritable Guide, il était là, je le portais en moi. Il lui en aura fallu du temps pour se faire entendre à celui-là! Peut-être attendait-il seulement que cesse le vacarme?
mercredi 4 novembre 2009
...une vie parmi tant d'autres!
Un de mes textes récents retrouvés au hasard d'un grand ménage et que j'avais presque oublié!
La vie comporte son lot de moments, de tâches, d’événements fastidieux. En fait, soyons honnêtes, la vie est surtout faite de ces moments-là, beige, sans relief, nécessaires… Comme faire le ménage, écosser des gourganes, épousseter, sabler des joints de plâtre, fendre du bois, faire l’épicerie, voir son garagiste, et j’en passe!
Dans les romans, pas question de ces moments-là qui font pourtant le gros de nos vies. Comme il n’est pas question dans les romans, de bavardages inutiles, de desserts ratés et de tous ces pas perdus qui jalonnent l'existence. Un roman n’est donc qu’un concentré bien arrangé, bien concocté pour exciter l’appétit du lecteur? Pas tous les romans, mais un grand nombre d'entre eux! La lectrice assidue et éclectique que je suis, s’étonne toujours de la grande beauté des héroïnes, intelligentes, racées et riches de surcroît, qui peuplent les best-sellers.
Merde, j’en étais venue à oublier la définition même de l’expression « best-seller ». « Meilleur vendeur », ça dit tout! Meilleur vendeur de rêve pour des gens ordinaires qui cherchent la beauté, la passion, l’amour, l’aventure, partout sauf en eux-mêmes! Alors pas étonnant qu’on ne parle jamais des gens ordinaires, ordinairement beaux, ordinairement intelligents, ordinairement simples et bons. De ces gens de notre quotidien à commencer par celle qui me regarde dans le miroir à chaque matin !
Parfois, l’œil d’un artiste qu’il soit peintre ou photographe détectera leur beauté et la galerie s’en épatera… pour quelques instants, le temps de trois pas de danse et d’une pirouette médiatique avant de retourner aux stars, aux célébrités, aux très bien nantis merci, aux trésors des fabricants d’objets de luxe et aux promesses des chirurgiens, à ce et ceux qui se veulent hors portée du commun!
Tant qu’à s’intéresser à ce qui est hors portée pour se sortir du quotidien, jouons fort, jouons grand ! Les vraies stars sont là à portée d’œil et de savoir, juste au-dessus de nos têtes. Les galaxies et les nébuleuses du bout du monde aussi, et elles ont tout leur temps! C’est nous qui finirons par en manquer de temps! Voilà qui est à la mesure de ma soif et de ma quête… et tellement plus terriblement questionnant et troublant que le dernier best-seller de madame machin chose!
La vie comporte son lot de moments, de tâches, d’événements fastidieux. En fait, soyons honnêtes, la vie est surtout faite de ces moments-là, beige, sans relief, nécessaires… Comme faire le ménage, écosser des gourganes, épousseter, sabler des joints de plâtre, fendre du bois, faire l’épicerie, voir son garagiste, et j’en passe!
Dans les romans, pas question de ces moments-là qui font pourtant le gros de nos vies. Comme il n’est pas question dans les romans, de bavardages inutiles, de desserts ratés et de tous ces pas perdus qui jalonnent l'existence. Un roman n’est donc qu’un concentré bien arrangé, bien concocté pour exciter l’appétit du lecteur? Pas tous les romans, mais un grand nombre d'entre eux! La lectrice assidue et éclectique que je suis, s’étonne toujours de la grande beauté des héroïnes, intelligentes, racées et riches de surcroît, qui peuplent les best-sellers.
Merde, j’en étais venue à oublier la définition même de l’expression « best-seller ». « Meilleur vendeur », ça dit tout! Meilleur vendeur de rêve pour des gens ordinaires qui cherchent la beauté, la passion, l’amour, l’aventure, partout sauf en eux-mêmes! Alors pas étonnant qu’on ne parle jamais des gens ordinaires, ordinairement beaux, ordinairement intelligents, ordinairement simples et bons. De ces gens de notre quotidien à commencer par celle qui me regarde dans le miroir à chaque matin !
Parfois, l’œil d’un artiste qu’il soit peintre ou photographe détectera leur beauté et la galerie s’en épatera… pour quelques instants, le temps de trois pas de danse et d’une pirouette médiatique avant de retourner aux stars, aux célébrités, aux très bien nantis merci, aux trésors des fabricants d’objets de luxe et aux promesses des chirurgiens, à ce et ceux qui se veulent hors portée du commun!
Tant qu’à s’intéresser à ce qui est hors portée pour se sortir du quotidien, jouons fort, jouons grand ! Les vraies stars sont là à portée d’œil et de savoir, juste au-dessus de nos têtes. Les galaxies et les nébuleuses du bout du monde aussi, et elles ont tout leur temps! C’est nous qui finirons par en manquer de temps! Voilà qui est à la mesure de ma soif et de ma quête… et tellement plus terriblement questionnant et troublant que le dernier best-seller de madame machin chose!
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