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jeudi 13 octobre 2011

... l'au revoir de David Servan-Schreiber !

Au revoir d'un homme bouleversant de vérité et d'humanité.  David Servan-Schreiber nous a quittés cet été, le 24 juillet 2011 des suites de la récidive d'un cancer au cerveau.  Un homme tellement vivant, présent aux autres, que l'annonce de sa mort fut une gifle.  C'est que l'on vit avec la certitude inconsciente que les battants ne peuvent pas mourir, qu'il est impossible que les David Servan-Schreiber et les Steve Jobs de ce monde soient vaincus eux aussi !

David Servan-Schreiber nous a laissé tout juste avant de mourir un dernier ouvrage, une sorte de salut, un message d'amour et d'espoir à tous ceux qui l'ont aimé et suivi: On peut se dire au revoir plusieurs fois.

J'ai lu d'une traite ce petit livre d'à peine 155 pages, qui m'est tombé dessus et dedans de tout le poids de sa lucidité bienveillante et lumineuse, de son humanité et de son humilité.  Un livre qui est tout sauf triste, même si l'auteur y confesse aussi ses moments de faiblesse et d'angoisse.  Un livre rempli de courage, d'amour pour les siens, pour ses confrères, ses lecteurs, les malades qu'il a côtoyés et avec qui il a partagé sa recherche, ses découvertes.  Un livre lumineux comme son auteur, un livre que je relirai lorsqu'il m'arrivera de douter de la vie! 
Je fais mienne les phrases de Stéphane Laporte dans sa chronique du 24 juillet dernier:
"Que personne ne dise qu’il a perdu son dernier combat. 
David Servan-Schreiber a gagné le ciel !"
Et je m'en voudrais de vous priver de cet extrait d'un article de sa collaboratrice Ursula Gauthier:
"Fidèle à ses choix ("contribuer", "créer du lien", "donner du sens", "partager ce qui a du prix"), il a voulu partager ces idées avec le plus grand nombre. Et bien que sa santé soit déjà très compromise, il a choisi de consacrer le plus clair de ses dernières forces à mettre en forme cet ultime message. David, l’être rare qui voulait créer du lien, jusqu’au dernier souffle." (Nouvelobs.com - 2011/07/25 Créer du lien jusqu'au dernier souffle! d'Ursula Gauthier)
                                         
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Merci David Servan-Schreiber

jeudi 19 mai 2011

... dans les hauts et les bas!

Je commence par les "bas", pour m'en débarrasser sûrement, parce qu'ils sont trop nombreux et qu'ils me pompent l'énergie.
  • Le manque de soleil à ce temps-ci de l'année alors que tout devrait vibrer sous sa douce chaleur printanière! Même les premiers plants de radis et d'épinards affichent un petit air blêmusse et affamé!
  • L'abondance de pluie...  Les hauteurs caillouteuses où j'habite sont épargnées mais je pense à tous ces gens qui en plus de subir l'inondation, voient leur travail de plusieurs années détruit en quelques heures, vivent dans l'humidité, la saleté et l'impuissance! C'est dans ces moments-là que je regrette ma jeunesse énergique!
  • L'élection majoritaire de S. Harper.  J'ai beau me dire de passer à autre chose, je n'y arrive pas. Je n'aime pas ce que je vois autour de moi.  Et plus je m'informe et pire c'est...  Raison de plus pour continuer et ne pas baisser les bras.
  • L'automobiliste sotte et irresponsable qui, au volant ET au cellulaire, a failli tuer mon amie H.
Et je passe aux "hauts" vite, vite, question de voir la vie sous son meilleur angle.
  • On dirait bien que le soleil revient, timidement, mais il revient.  Suffisamment pour redonner espoir aux plants qui s'acharnent à percer le sol et à la vieille dame que les jours grisâtres assomment.
  • Sous la pluie, les feuilles se sont déployées à une vitesse folle cette année.  J'ai oublié d'aller les entendre se déplier dans la nuit tranquille. Un de mes voisins cultivateurs allait bien écouter son maïs pousser lorsque les nuits étaient chaudes!
  • Mon amie H. est vivante, même si elle tremble encore.  Reste à souhaiter que les trois neurones de l'automobiliste se soient suffisamment entrechoqués pour qu'elle ne récidive pas!
  • Mon travail à l'atelier et les découvertes que j'y fais.
  • Les carrés du potager qui m'attendent patiemment... ce que j'ai hâte d'y retourner!
  • L'amour de JL et l'amitié.
Du coup, je me sens riche et requinquée!  Remplie de tous les courages ou presque....

jeudi 11 novembre 2010

...la mollesse qui se joint à la corruption !

Il m'arrive parfois, comme pour prendre pied dans la journée à venir, de lire au saut du lit. 
Ce matin, entre toilette et déjeûner, j'ai dévoré l'entrevue du physicien Normand Mousseau dans le dernier numéro de l'Actualité. Titre: "Québec doit imposer ses conditions"  et en sous-titre: Il est possible d'exploiter du gaz de schiste et du pétrole au Québec en respectant les règles du développement durable, croit le physicien Normand Mousseau, spécialiste des questions énergétiques.  Mais il faut que ce soit rentable!  L'article est de François Guérard.

 M. Mousseau, qui publie ses jours-ci "La révolution des gaz de schiste" aux Éditions Multimondes, nous explique de manière limpide de quoi il retourne.  D'entrée de jeu, il déclare: Jusqu'ici les pouvoirs publics ont fait preuve, au mieux, de négligence, au pire, d'incompétence!  Dans ce dossier pourtant brûlant, l'immobilisme et la douteuse discrétion du gouvernement Charest étonneraient si on n'y était déjà habitué!  Ne lui en déplaise, les éclats de vierge offensée de madame la ministre Normandeau à "Tout le monde en parle" n'y changeront rien.

J'aimerais bien qu'on m'explique pourquoi la Colombie-Britannique retire de ses permis d'exploration des revenus de 4 000 à 10 000 dollars l'hectare, alors que, tenez-vous bien, le Québec vend ces mêmes permis 10 cents l'hectare?

Le professeur Mousseau suggère au gouvernement Charest:
  1.  d'imposer un moratoire sur les forages, ce qui permettrait une réflexion approfondie sur la manière de procéder pour explorer et exploiter, de fixer le niveau des redevances versées à l'État québécois et celui des indemnisations aux personnes touchées par les puits. 
  2. les redevances et les droits perçus par le gouvernement québécois seraient versés en grande partie dans un fond des générations lequel permettrait le moment venu de réparer les erreurs du passé et d'assurer l'avenir.
Je ne peux m'empêcher de souligner la mollesse et l'inertie du gouvernement actuel dans une période charnière de notre développement. 

Pourquoi brader les richesses de notre sous-sol alors que les besoins sont si grands ?  

Nous devons l'Hydro-Québec à deux hommes de vision et de courage: Adélard Godbout dans les années 40 et René Levesque quelque vingt-cinq ans plus tard.  La VISION & le COURAGE qui les animaient semblent avoir déserté les rangs de l'actuel parti libéral aux prises, à qui la faute, avec des scandales à répétition où collusion et corruption rythment la nouvelle.

Au jour d'aujourd'hui et n'en déplaise à ses détracteurs, Pauline Marois m'apparaît la plus qualifiée pour changer les choses au Québec.... À CONDITION QU'ELLE SACHE BIEN S'ENTOURER !
Elle a fait ses preuves dans le passé en dirigeant de main de maître plusieurs ministères et s'acquitte honorablement d'une tâche difficile et pour le moins ingrate, celle de chef de l'opposition officielle.

Se tenir debout, réfléchir, agir!  ...en attendant de voter aux prochaines élections!

lundi 19 juillet 2010

...et mourir!

J'attends des nouvelles.  Une nouvelle.  Celle de la mort de tante D. qui vit ses dernières heures parmi nous.

J'ai beau être familière avec la mort, je me sens fébrile, un peu nerveuse et la gorge serrée.
C'est pour le mieux, me dit mon cerveau, son calvaire n'aura pas duré trop longtemps. 

Je sais, je sais.  Je sais tout ça et me le répète.  Mais, je ne la verrai plus, ni ne la toucherai, ni ne l'entendrai et c'est toute cette absence qui abrite la détresse.

Je me dis que je penserai très fort à elle en travaillant dans mon jardin, en mangeant les têtes de violon qu'elle allait cueillir chaque printemps. Ce printemps 2010 aura été le dernier!
Je penserai à elle lorsqu'il sera question de générosité, de simplicité, de courage! ... de fraises et de framboises aussi!
Les gens que l'on garde près du coeur ne meurent jamais! Avec les années, ils sont devenus plus nombreux!  Suffisamment pour se faire tout un party!

Bon voyage tante D.

lundi 14 juin 2010

...juin en compagnie de D.

L’été est là et le vert omniprésent. Le potager et les plates-bandes exubèrent. Les oiseaux sont occupés à leurs couvées, on ne les entend qu’au petit matin, vers les 4h00.  Pour moi, la nature est à son zénith, la vie bat son plein!

Mais le plein de la vie, ce n’est pas que les joies de l’été! Comme la vie naît et s’épanouit, elle s’éteint aussi, c’est la Loi!

D., que je considère depuis longtemps comme une de mes tantes préférées, est très malade : cancer du pancréas et du foie! Les médecins sont à évaluer le protocole à suivre. Entre temps, elle attend, et ceux qui l’aiment aussi! Elle jongle comme elle m’a dit l’autre jour au téléphone, et…il y a de quoi! Ne pas savoir, et faire du surplace en guettant le téléphone, c’est difficile! Attendre les décisions médicales, c'est pénible!

L’action est salvatrice. Je souhaite que les médecins déclenchent les hostilités s’il y a lieu, le plus rapidement possible. Ou encore qu’ils admettent leur impuissance!

Membre actif d’un groupe d’action bénévole, D. a aidé beaucoup de gens. Il y a aussi tous ceux qui ont bénéficié de sa générosité, de son énergie et de sa facilité à communiquer, à rigoler!
Elle aura 81 ans la semaine prochaine, jusqu’à ces derniers mois, son énergie étonnait. Ce printemps encore, malgré la chaleur inhabituelle, elle cueillait et préparait les têtes de violon comme à chaque année, et comme à l’accoutumée, elle est venue un après-midi en porter plusieurs gros sacs tout prêts pour le congélateur!

J’espère qu’elle pourra goûter aux fraises de l’île d’Orléans que je lui rapporterai la semaine prochaine.

Réflexion de mon homme : « Injuste que ça lui arrive à elle. On souhaite jamais ça à personne, mais il me semble que…. »

lundi 10 mai 2010

...le courage et l'entêtement !

Voilà ce à quoi je pensais en observant les tulipes, les jonquilles, l'oseille et les quelques fines herbes qui s'étant cru au printemps se retrouvaient, encore une fois, encapuchonnées de blanc!  Il a - à nouveau- neigé M. Nelligan, et nous sommes le 10 mai!  La neige de ce matin tient toujours, même sur les toits de tôle exposés franc sud!  C'est dire qu'il fait froid! Les fleurs, les plantes se contentent de pencher la tête, d'arrondir le dos et d'attendre les chauds rayons qui finiront bien par s'installer... un jour!

Le 11 mai 1963, il y avait aussi de la neige au sol - un bon 10 cm - et, je me mariais!!!  Ça a duré tout au plus 7 ans... et j'y ai gagné deux magnifiques filles qui perpétuent chacune à leur manière, le courage et la détermination des femmes de leurs lignées! 

J'admire les chatoyantes et odorantes tulipes d'il y a quelques jours, maintenant alourdies par la neige, engourdies par le froid;  je sais qu'elles vont retrouver leur beauté...avec quelques petites flétrissures peut-être!  Comme il arrive dans la vie!  Je suis passée par des zones orageuses frigorifiantes, angoissantes.  J'y repense parfois... pas trop souvent car c'est essoufflant les péripéties d'une vie, même en souvenirs!  Puis, je préfère profiter des journées chaudes, ensoleillées, accumuler des énergies pour les moments plus difficiles!

Au fond, quand on y pense bien, la Nature toute entière est courageuse, entêtée à poursuivre sa mission, sans faire de grands éclats!  Souhaitons qu'elle survive à la goinfrerie sans limite de l'être humain! Nous ne sommes vraiment pas si nécessaires que cela à l'équilibre de la Belle Boule Bleue!

mercredi 14 avril 2010

...le départ d'un éveilleur de conscience!

Journées ensoleillées et plutôt froides. Pas question de siester au soleil. Pour travailler dehors, ça va! Je me sens un peu fatiguée mais de belle humeur.

Notre premier ministre doit l’être moins et passe très certainement de mauvaises nuits. Son ancien ministre de la Justice a dévoilé certaines pratiques du parti libéral sur la place publique, en particulier les nominations de juges fortement suggérés par de gros donateurs à la caisse du parti libéral. Au Téléjournal de 22h, avant-hier, monsieur le premier ministre avait mandé une de ses ministres pour proclamer son indignation devant ces « mensonges éhontés »! Je rigolerais doucement si ce n’était pas si enrageant! Bien sûr, il a le lendemain promis une commission d’enquête sur la nomination desdits juges, lui qui depuis des mois résiste à la demande générale d’une enquête sur le milieu de la construction. La collusion, le patronage, les bonis spéciaux aux amis, on se croirait revenu au temps de Maurice Duplessis. À part l’épisode René Levesque, a-t-on jamais quitté ces pratiques!

Hier, nouvelle plus touchante et qui m’attriste: le décès de Michel Chartrand à 93 ans. Homme cultivé, raffiné, grande gueule, mal embouché à ses heures, il a fait avancer à force de voix et de bras, plusieurs dossiers du monde syndical. Il figure au nombre de mes incontournables de la scène politique québécoise sans s’être jamais aventuré au salon bleu de l'assemblée nationale. Je l’entends d’ici rigoler :
« Dieu m’en préserve! » Il fut l'inspiration infatiguable de toute une génération de québécois engagés! Derrière ses sorties fracassantes émaillées de sacres, se tenait un homme solide, un penseur aux valeurs bien construites et son intérêt jamais diminué pour le « bien commun », notion presque dinosauresque en ces temps du je-me-moi!

On parle aujourd’hui du « malaise de notre jeunesse »? Ce malaise, Michel Chartrand l’a connu tout au long de ses études. Précurseur, il se demandait déjà adolescent : « pourquoi? » et se questionnait fortement sur « l’avenir tracé d'avance qu’on lui proposait! »  Entendre Michel Chartrand parler de son séjour à la Trappe, de l’apprentissage de son métier de typographe, de la droiture d’un père comptable, 40 ans employé du gouvernement et devenu imprimeur par la suite, c’est comprendre mieux les racines de l’homme engagé au mieux-être de ses concitoyens ici et partout sur la planète.
Adieu et merci Michel Chartrand!

Sur YouTube, plusieurs interviews de M. Chartrand pour ceux que ça intéresse!

lundi 12 avril 2010

"...pour une fois qu'on les voit ces millions de personnes!"

disait Dany Laferrière ce matin parlant du peuple haïtien longtemps méprisé, méconnu, rejeté, mal jugé. 
J'ai porté cette phrase tout l'avant-midi...dans ma poche de jeans et dans mon coeur.  J'en avais pris note vite fait sur un bout de papier!

Étrangement, à une période où "être vu" semble la préoccupation essentielle, des populations entières sont conservées, sinon refoulées dans l'ombre.  Elles sont classées, oubliées, méprisées, parfois les trois à la fois.  Ce, partout sur la planète et... au coeur même de nos pays industrialisés.  Alors qu'on se pâme, rarement à raison, sur les têtes d'affiche, bien peu de place est laissée aux "gens ordinaires".  Ils sont pourtant nombreux et si puissamment vivants et riches. 

Oubliés entre autre, ceux qui persistent à travailler la terre, à produire les aliments de base qui entretiennent la vie, jour après jour.  Oubliés, ceux qui au quotidien, soignent, instruisent, protègent, créent, survivent.  Oubliés, ceux qui ont créé notre présent à la sueur de leurs fronts car ils sont devenus, quelle horreur et ô surprise, vieux!

Pour une minute de gloire, certains sont prêts à toutes les bassesses.  Toute une réflexion est à faire sur l'image qui prime sur la réalité, la fable inventée qui prime sur l'histoire.  Pas étonnant qu'en majorité, nos politiciens ressemblent de plus en plus à la bouffe artificielle et vide qu'on souhaite nous voir engouffrer.  Nos gouvernants sont inodores, incolores et sans saveur, mous comme des flans trop mous, ou alors bornés et limités. Ils sont tous ou presque, passés par le moulin à images, et je ne parle pas de celui de Robert Lepage. 

L'enfant se questionne sur son identité, sur son importance.  Il n'est "que lui", perdu parmi des millions de personnes, encadré par des adultes "qui eux savent" et il lui faut quand même devenir unique!  Sommes-nous sortis des incertitudes et des angoisses de l'enfance?  Qu'est-ce qui fait vendre "les vedettes" qu'il s'agisse de personnes ou d'objets?  Le Rêve, répondent certains.  Serions-nous pauvres d'esprit et/ou colonisés, au point de ne pouvoir inventer nos propres rêves, des rêves qui parlent de nous, qui nous appartiennent?

Et si nous cherchions à voir, à comprendre la réalité des autres, à les apprécier parce qu'ils sont uniques, à dépister et à combattre toutes formes de préjugés,  à penser par nous-mêmes?!  

Zoé en pleine recherche de son identité!


mardi 19 janvier 2010

...une vraie connaissance, pour combattre l'impuissance!


L'hiver est magnifique! Il m'apaise pour un temps!


J'ai de la difficulté à me libérer du désastre en Haïti.  En fait, je n'en ai pas tellement envie, à cause de ces haïtiens en chair et en os, survivants et endeuillés !  Cependant, je dois dire que les agitations, énervements médiatiques de toutes sortes, me tapent! J'ai fini par faire taire la télé des nouvelles, le poste de radio aussi.  Pour réfléchir, faire le point!

Pour l'instant, je ne conserve que ce blog super de Jean-François Labadie http://jeanfrancoislabadie.blogspot.com/ .  Il travaille en Haïti depuis deux ans et les rapports quotidiens qu'ils partagent depuis son arrivée là-bas, aident à mieux comprendre ce pays, ses habitants, la situation actelle et ce qui en découlera!  Toujours, c'est par le plus simple, le ras des pâquerettes, la vie quotidienne que j'appréhende le mieux la réalité.  Je remercie de tout coeur Jean-François Labadie de m'aider à combattre l'impuissance qui s'infiltre !
Je déteste me sentir impuissante.  J'ai compris depuis les événements en Bosnie que l'impuissance ne fait que ronger et détruire à petit feu ceux qu'elle infecte. Je me rappelle ce qu'ont vécu nos Casques bleus en Bosnie et plus tard au Rwanda, alors qu'on les forçait à n'être que des témoins impuissants la plupart du temps.  Et le simple citoyen lui, une fois qu'il a donné de l'argent (et en fait une habitude), que peut-il faire d'autre?

Pour le moment, je me dis qu'à défaut d'avoir la santé qu'il faut pour travailler à l'humanitaire (d'ici ou d'ailleurs), je demeure alerte à mes proches, famille et amis.. et à moi-même. 

On dit que pour chaque victime d'un acte criminel, s'ajoutent dans son proche environnement, des dizaines d'autres, blessés du coeur et de l'esprit .  Les remous de cette catastrophe haïtienne ont balayé la planète toute entière. Nous sommes des centaines de millions à avoir mal pour eux.  Je ne connais qu'un remède pour guérir le coeur: l'amour sous toutes ses formes, celui que l'on porte et qui nous fait grandir, celui que l'on reçoit et qui nous conforte!

jeudi 14 janvier 2010

...un texte qui dit tout sur la Perle des Antilles !

Voici un texte de Pierre Foglia, paru dans La Presse d'aujourd'hui.  Des mots qui traduisent mieux que je ne l'aurais fait...

"Un pays sans chapeau!

Je ne suis jamais allé à Port-au-Prince. Sauf en lisant Dany Laferrière. Je ne suis jamais allé à Port-au-Prince, mais je suis allé plusieurs fois au Pays sans chapeau.
L'autre jour, quand Laferrière a gagné le prix Médicis avec L'énigme du retour, j'ai dit que c'était un très beau livre mais que son plus beau était ce Pays sans chapeau. «C'est ainsi qu'on appelle l'au-delà en Haïti parce que personne n'a jamais été enterré avec son chapeau.»

On se demande parfois à quoi sert la littérature. Moi, elle me sert à affronter la réalité. Quand Katrina a fait flotter tous ces cadavres dans les rues de La Nouvelle-Orléans, je suis retourné à Capote et à Tennessee Williams, les enfants du pays.
Au moment où Port-au-Prince commence à compter ses morts et à déblayer ses ruines, je me tourne vers Laferrière, vers la littérature, vers la fiction. Pas pour qu'elle me cache la réalité, au contraire. Pour qu'elle me la rende dans son essence. Vous allez me trouver obscène : pour qu'elle me la rende dans sa poésie. Cinquante mille morts? Cent mille morts? La poésie ne s'enfuit pas, elle est là, intimement mêlée à l'horreur, elle est là avec l'aube qui se lève...
La couleur un peu violette de l'aube donne une teinte assez étrange aux choses, mais c'est tout. Les mêmes crevasses vous obligent à faire attention en marchant pour ne pas tomber dans un trou d'eau verte. Le même chien jaune doit s'appuyer contre un mur pour japper à cause de son extrême maigreur. La même petite fille est en train de balayer la galerie de l'épicerie du coin.
Le soleil va taper dur, tout à l'heure, vous verrez.

A-t-on idée d'une pareille concentration de malheur? Act of God? Si j'étais chrétien, je m'emploierais à faire mettre cette expression à l'index. Aucun dieu n'oserait s'acharner ainsi...
A-t-on idée d'un pays toujours entre espoir et damnation, a-t-on idée d'un pays si assoiffé de bonheur?

Bon Dieu tellement connin ça li connin, li bail chien malingue deyè tête li pou li pas capab niché'l. (Dieu est tellement fin qu'il peut placer une blessure derrière la tête du chien s'il ne veut pas qu'il la lèche).
Ce n'est qu'un proverbe, Dany, tu sais bien. Dieu pas si fin, finalement. En tout cas bien impuissant, comme nous, à empêcher les séismes, ce qui nous le rend presque sympathique.

Bien sûr, Pétionville a ses pauvres, ses bidonvilles rugissants, ses marchés en plein air, mais c'est quand même là que se sont réfugiés tous les riches de ce pays. Dans certain quartiers on se dirait dans n'importe quelle banlieue cossue nord-américaine.
(...) La pluie s'est arrêtés juste à l'entrée de Pétionville, devant le magasin de meubles en acajou. La pluie reconnaît les frontières.

La pluie, peut-être. Apparemment pas les tremblements de terre. Pétionville a été durement touchée.

L'armée des zombis, finit par murmurer ma mère. Ils sont des dizaines de milliers. Les prêtres vaudou ont réveillé tous les morts qui dormaient du sommeil du juste. Partout... Au Borgne, à Port-Margot, Dondon, Jérémie, Cayes, Limonade, Petit-Trou, Baradères, Jean Rabel, Petit-Goâve, oui, Petit-Goâve aussi...
Une mangue tombe, presque aux pieds de ma mère. Elle ne cille même pas. Complètement ailleurs. Les gens sont morts, conclut-elle et on refuse de les laisser reposer en paix.

Comme si les tremblements de terre venaient seuls. Comme s'ils ne faisaient pas se fissurer aussi, en même temps que les murs de la ville, le mince vernis de civilisation qui recouvre le désespoir des laissés-pour-compte. Comme si la violence des secousses n'allait pas engendrer la violence de ceux-là qui avaient déjà tout perdu depuis longtemps, nus... Qu'est-ce que le ciel pouvait bien leur prendre de plus? Il leur a pris leurs enfants, leurs parents, leurs amis, leur bout de toit de tôle.

J'étais allé le voir dans ce petit appartement de Brooklyn. J'ai frappé à la porte.
- Qui est là?
- Ton fils, dis-je.
- Je n'ai pas d'enfants, tous mes enfants sont morts.
- C'est moi, papa, je suis venu te voir.
- Retourne d'où tu viens, tous mes enfants sont morts en Haïti.
- Mais je suis vivant papa.
- Non, il n'y a que des morts en Haïti, des morts ou des zombis.

Et maintenant quoi? La compassion. La bonté des gens. La solidarité. Aussi merveilleuse et noble soit-elle, la charité suffit-elle? Mettra-t-on autant de diligence, d'enthousiasme et de centaines de milliards à reconstruire Port-au-Prince qu'on en a mis à sauver les banques, l'industrie automobile?

Elle a toujours considéré son fils comme un prince. C'est ce qui m'a permis de survivre au début de mon séjour à Montréal, quand les autres ne voyaient en moi qu'un Nègre de plus. Quelqu'un dans une petite maison à Port-au-Prince a toujours pensé que j'étais un prince.

Combien sont-ils à Montréal en ce moment à se demander ce qu'il reste de cette petite maison où ils étaient un prince?

Il n'y a pas d'arbre dans ce pays, et il n'y a pas d'eau non plus. C'est un caillou au soleil. Nous sommes à la merci du soleil.
Regarde le ciel, dit-il. Des fois je passe la nuit à le regarder. On dirait un grand vide qui veut m'aspirer...

Les textes en italique sont tirés de Pays sans chapeau, de Dany Laferrière, publié chez Lanctôt Éditeur, 1996.   "

Et moi j'ajoute: "Les Haïtiens sont un peuple courageux. Aidons-les, donnons leur les moyens de vivre à la hauteur de ce courage!  Et que leur pays redevienne grâce à la solidarité, La perle des Antilles!

dimanche 13 décembre 2009

...un rendez-vous avec



un tableau en cours....  On verra bien ce qui en adviendra! 
Je prends mon courage à deux mains et l'installe sur mon blogue pour contrer l'habitude de simplement les empiler dans mon atelier!!!  Pour la voir autrement aussi!

mercredi 18 novembre 2009

...le temps qui coule!

Si vite, il coule le temps qu'il me bouscule. Je voudrais du temps et tout l'espace qu'il faut pour mieux connaître ce, et ceux qui m'entourent!  Je n'en finis plus de découvrir et de m'émerveiller des mille visages de la vie. 
J'avais cru l'automne gris, il est ensoleillé comme jamais cette année. Le dernier record d'ensoleillement pour novembre, qui datait de 1978, a déjà été dépassé à la mi-novembre!!
J'avais cru la terre au repos, des plantes subsistent encore, même des insectes, qui s'éveillent au moindre soleil un peu plus présent qu'à l'accoutumée.
J'avais cru, comme à l'accoutumée en cette période de l'année, entrer dans ma phase annuelle de presque hibernation, mais je n'en finis plus de bouger.  Je manque de temps, je manque d'espace!  Mais je sais en même temps que tout est relatif, qu'une simple seconde contient toute la vie.

Bonheurs récents....
  • La rencontre d'une femme remarquable qui m'a raconté son histoire. À 40 ans à peine, elle ne peut plus DU TOUT manger normalement. On lui a diagnostiqué une maladie rare il y a quelques années. Elle se nourrit grâce à un tube installé de façon permanente lequel communique avec une veine importante. Sa nourriture (protéines, lipides, vitamines etc....auquel elle ajoute des médicaments) contenue dans un sac de plastique, elle l'ingère pendant ses heures de sommeil. Après le choc et la phase dépressive du début (joint à l'abandon de son conjoint), elle a repris sa vie en main avec ses deux adolescentes. Elle fonce et mord dans la vie autant que son état le lui permet. La rencontrer est un cadeau en soi. Elle qualifie aujourd'hui ce qui lui est arrivé de "bénédiction" tant cela lui a appris à vivre intensément le moment présent!
  • Le prix Médicis à un auteur passionnant: Dany Laferrière!
  • Jacques Parizeau, un grand monsieur à qui nous devons beaucoup, qui croit toujours au Québec, en même temps qu'il s'émeut du sort de nos enfants et qu'il déplore les faillites du ministère de l'Éducation ( à Montréal, plus de 30% des garçons ne terminent pas leurs études secondaires). Preuve vivante que l'esprit n'accompagne pas toujours les défaillances du corps, Jacques Parizeau signe à presque 80 ans son dernier ouvrage: La Souveraineté du Québec.
Plaisirs récents....
  • Le poulet au berbéré, de Philippe de Vienne.  http://www.epicesdecru.com/fr/recipe_view.php?rid=25&key=500a588d5e9c0ab93eef8d9707a682ab  Vos invités seront conquis.
  • Manaich zaatar, (Galette libanaise aux epices).  J'ai utilisé le zaatar acheté chez Épices de cru. Tellement bon, mais tellement bon...
  • La tête de mon amour reposant sur mes genoux tout en regardant le dernier épisode de "La Galère" mon émission télé favorite. Qui reviendra en septembre prochain, promesse de l'auteure.
Plaisirs anticipés....
  • Le dernier livre de Dany Laferrière, lequel sera en ma possession demain midi.
  • Le retour demain soir de mon amour.
  • Les nouvelles de mes blogueuses et blogueurs préférés.

vendredi 16 octobre 2009

...la vie a de ces surprises!


...j'ai mal dormi! Hier, j'ai appris que mon amie C. est atteinte d'un cancer et qu'elle entreprendra ses traitements de chimio dans 3 jours. Le genre de nouvelle qui nous fige et qui nous agite en même temps. Elle m'a longuement parlé de tout ce qui l'attend pour les deux prochains mois: de sa peur, de sa volonté de faire face,de son pouvoir et de sa liberté qu'elle entend conserver intacts devant la maladie et tout au long du protocole médical. Je me suis endormie très tard en pensant que mon amie n'est pas sa maladie et que je serai disponible pour elle quand et comment elle le voudra.
Très occupée par un boulot passionnant, elle avait, m'a-t-elle dit, demandé à la Vie d'avoir du temps pour elle. "Maintenant, j'en aurai, a-t-elle ajouté en riant. Tu vois, il faut faire attention à ce que l'on demande! J'avais oublié de préciser!"

Voici cette photo d'Andréa qui fêtera ses 15 ans demain. L'image même de la Vie!

mardi 5 mai 2009

...adieu Jeannine !


Elle était ma cousine. Je ne la connaissais pas beaucoup. À peine quelques souvenirs d'enfance, quelques impressions d'une belle jeune fille de sept ans mon aînée, douce, gentille, bonne, comme du bon pain disait les anciens, d'une apparence fragile. Je l'avais revue brièvement lors de funérailles, toujours avec la même lumière dans les yeux et le sourire, toujours avec la même apparente fragilité. Il y a près de trente ans, elle et son mari avaient vécu un drame atroce: la perte de leur fille de 15 ans lâchement assassinée. Ils avaient vécue ce deuil avec dignité et courage, avec amour aussi, allant jusqu'à pardonner au meurtrier.
En 2005, aux funérailles de ma mère, Jeannine semblait en très bonne santé. L'année suivante, j'appris qu'elle souffrait d'une forme de sclérose, que son état de santé s'était détérioré. Il y a deux ans, je la revis. Elle marchait et parlait avec difficulté. Il y a quelques mois, on m'informa qu'elle était dorénavant nourrie, gavée (quel vilain mot pour une horrible réalité!) Elle est morte le 27 avril. Elle souffrait de sclérose latérale amyotrophique, autrement dit "maladie de Lou Gehrig".

Pour avoir lu et relu "Tuesdays with Morrie", je sais de quoi retourne cette maladie cruelle où l'on perd rapidement tout ce que l'on est sauf la conscience de ce qui nous arrive. Le deuil intégral de tout ce que la vie nous a donné! Une réalité impossible à fuir. Une maladie sans recours, ni secours, qui mène rapidement à une désintégration totale du corps.
Jeannine était croyante, elle a pratiqué l'amour et la tolérance au-delà de ce que la grande majorité d'entre nous pourrait supporter. Je la salue comme une héroïne, comme un exemple à suivre, un encouragement à vivre jusqu'à l'extrême limite ce qui nous est donné de vivre. Je ne sais pas si je partage sa foi qui était grande et solide, - dans les préceptes de Jésus oui, certainement pas dans ceux de l'Église romaine, - mais son courage me dicte la voie! Merci Jeannine et chapeau à tous ceux qui t'ont accompagnée !
Pour plus d'infos sur la maladie de Lou Gehrig, visitez le site suivant: http://www.sla-quebec.ca/

dimanche 5 octobre 2008

...Randy Pausch!

Merci Claudia de m'avoir fait connaître Randy Pausch. Il faut absolument que j'arrive à comprendre comment mettre sur ce blogue des liens et des extraits Youtube.

Si vous voulez connaitre quelqu'un de vraiment INSPIRANT, je ne puis que vous recommander une recherche sur le web et youtube et/ou de vous procurer ce livre qui aura pour toujours sa place dans ma bibliothèque permanente: The Last Lecture by Randy Pausch and Jeffrey Zaslow. Je laisse à votre curiosité de vous mener à ce cadeau à vous-mêmes!

Donnez-m'en des nouvelles!

mardi 8 avril 2008

...et une petite défibrillation avec ça?

Il est question que je suive bientôt une formation en premiers soins et en réanimation cardiaque. On m'a fortement conseillé le DEA en complément(défibrillation externe automatisée), vous savez, ces appareils que l'on retrouve de plus en plus souvent dans les lieux publics! Est-ce que je me vois procéder à cette manoeuvre? Pas du tout, je n'en ai ni le tonus, ni les nerfs. Mais par-dessus tout, je n'aimerais pas la subir. Si j'en suis là, qu'on me laisse aller ailleurs à mon rythme naturel. Il faut bien mourir un jour ou l'autre... passer à autre chose.

Vieillir me questionne bien davantage. J'ai vu mes parents, mes oncles et tantes prendre de l'âge et je ne suis pas du tout certaine d'avoir envie de vivre très vieille. Mais tant que je sentirai de l'amour pour les êtres et les choses, que je vivrai des passions, des excitations, tant que j'aurai envie de relever des défis, de m'améliorer, de découvrir et d'apprendre, ça ira! Tant qu'il n'y aura pas trop de souffrance physique aussi!

Justement, je travaille mes craintes ces temps-ci! Exemple: je n'aime pas prendre ma voiture pour aller à des endroits qui ne me sont pas familiers. La dernière fois que c'est arrivé, je me suis dit: "Aïe la mère! Tu rêves de voyager en Inde? Commence par prendre ta voiture et aller où tu dois!" Et ça a marché, le courage est venu tout seul.