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samedi 25 février 2012

... Geneviève Bois, merci!



L'opinion d'une jeune québécoise, étudiante en médecine en stage au Danemark, sur l'augmentation des frais de scolarité. Brillante et claire dans son discours.  Je l'ai écoutée attentivement. Merci Geneviève. Quel médecin tu feras!

Merci Lionne (http://lionneaufildesjours2.blogspot.com/) pour m'avoir mise sur la piste.

lundi 14 novembre 2011

...Denise Boucher, poète et écrivaine!

J'ai retrouvé, avec bonheur, la dame à TLMP il y a deux ou trois semaines.
Une femme remarquable à qui je pensais parfois, me demandant ce qu'elle pouvait bien devenir!
Ceux de ma génération se rappelleront "Les fées ont soif!", une pièce qui, en 1979, avait fait scandale pendant des mois, honnie des uns, admirée des autres. Une pièce que j'ai vue de mes yeux vue et qui m'avait bouleversée. Une pièce par les femmes, sur les femmes, que le TNM (toujours lui) et Jean-Louis Roux avait accepté de présenter!
Denise Boucher, c'est aussi la parolière de très belles chansons de Gerry Boulet.  Quel couple de créateurs: un rocker et une poétesse féministe!  Qui a tout de même donné de petites merveilles de chansons, dont Angela, Un beau grand bateau, Jézabel, etc.

J'ai terminé, il y a trois jours, l'autobiographie de Denise Boucher, intitulée "La Voyelle" (il n'y a pas de féminin à voyou n'est-ce pas?)  Sans complaisance, on revit avec elle une époque importante et mouvementée de notre Québec. Je peux dire, j'ai lu, à brides abattues, cette autobiographie, tellement le rythme et les rebondissements captivent!
Ce soir, je terminerai Au beau milieu, la fin.  À 75 ans, Denise Boucher nous offre son premier roman.  Un roman dont j'étire les dernières pages à la limite du possible.
Pour ceux que ça intéresse, voici un article qui mieux que je ne le ferais, nous parle de ce roman très, très remarquable et nous présente une auteur toujours percutante!

(Photo Marco Campanozzi, La Presse)

mardi 2 août 2011

...Robertine Barry, vous connaissez?

J'ai fait sa connaissance grâce au remarquable ouvrage de Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque: Elles ont fait l'Amérique
Leur récit a éveillé ma curiosité et m'a incitée à plonger dans les deux ouvrages de Sergine Desjardins: Robertine Barry, tome 1, La femme nouvelle (2010), ainsi que Robertine Barry, tome 2, On l'appelait Monsieur (2011).
Le fait que Robertine soit née quelques mois avant ma grand-mère paternelle a aussi stimulé mon intérêt.  Cette grand-mère qui a vécu avec nous les dernières années de sa vie, je la connaissais aussi bien qu'un enfant peut le faire et j'étais curieuse des parallèles à établir avec une autre femme de son époque.

Robertine Barry devint, en 1891, la première femme journaliste de langue française au Québec, vivant de son travail et faisant partie de l'équipe du journal La Patrie, fondé par Honoré Beaugrand.  Elle dut tout de même signer la plupart de ses articles "Françoise", tellement il était de mauvais ton qu'une femme de son milieu gagne sa vie.  Honoré Beaugrand ne freina en rien son enthousiasme, sa verve, ne s'objecta à aucune de ses attaques et de ses prises de position, qu'il s'agisse de l'éducation des filles, de la lutte à la pauvreté, du célibat dont elle faisait l'apologie, de la venue du tramway électrique à Montréal, des mauvais traitements faits aux chevaux de calèche, etc...  Un franc-parler et un humour tout à fait inusités chez une femme de l'époque, une femme journaliste fort appréciée de ses lecteurs et gardée à l'oeil par les hautes instances de l'Église catholique (évidemment!).

Robertine eut la chance de grandir aux Escoumins et à l'Ile Verte, dans une famille ouverte sur le monde, cultivée, où les livres et les journaux canadiens et européens (sans censure aucune) étaient à l'honneur, de même que la musique.  Très tôt, elle décida d'écrire, de devenir journaliste.  Comme l'université était interdite aux filles (McGill University existait pour les femmes anglophones et il était inconcevable qu'elle s'y inscrive.  À l'époque, les femmes d'ici qui osaient faire médecine aux USA ne pouvaient travailler que là-bas, le droit de pratique leur étant refusé au Québec).  À la fin de ses études chez les Ursulines de Québec, Robertine se consacre à l'écriture et quelques années plus tard, dans la jeune vingtaine, rejoint l'équipe du journal La Patrie.  Les années qui suivent sont consacrées à sa Chronique du lundi et à son travail de journaliste.  Elle milite de manière constante contre les préjugés et les abus faits aux femmes.  Celles-ci partaient de loin: considérées au même titre que les enfants et les aliénés, elles ne pouvaient gérer leurs propres avoirs (si elles en avaient), ou travailler à l'extérieur.  Le célibat des femmes était suspect (excusé seulement si la femme veillait sur ses vieux parents).  La fille passait de l'autorité du père à l'autorité du mari, auquel cas, elle se devait de procréer régulièrement!!!!  Robertine avait donc du pain sur la planche et elle se lança dans la bataille avec fougue malgré les quolibets et les menaces.  Son influence sur ses lecteurs et lectrices fut incontestable.

Comme le souligne Bouchard/Lévesque dans leur ouvrage, le travail d'observation et d'écriture de Robertine Barry est tellement juste et précis qu'on peut parler d'un "travail ethnographique" qui s'avère fort précieux pour qui s'intéresse à cette époque.

Ma grand-mère Clémentine née tout juste un an plus tard que Robertine, se maria à 22 ans, enfanta 5 garçons et 2 filles (l'une mourut accidentellement à 18 ans, l'autre fut recrutée chez les Soeurs).  Le travail de son mari le menant sur divers chantiers, elle éleva sa marmaille souvent seule.  Habitant la maison voisine de l'église de son village, elle fréquentait les messes et offices religieux avec assiduité.  Elle se conforma entièrement à ce que son époque attendait d'elle. Fut-elle heureuse?  Je crois que comme des milliers de femmes de son temps, elle ne se posa jamais la question.  Acceptation, résignation et prières...

vendredi 3 septembre 2010

... à découvrir: Joan Dye Gussow

Pouvoir lire aisément l'anglais procure de ces plaisirs parfois!
Quelle découverte!  Je suis soufflée!  La jardinière en moi s'emballe comme devant le premier bourgeon de fleur printanière!

Je termine la lecture de: "This Organic Life: Confessions of a Suburban Homesteader" de Joan Dye Gussow.  Je suis enthousiaste et j'ai du coup commandé le prochain livre de l'auteur, à venir fin octobre.
Un livre sur le jardinage?  Bien plus que ça!  Chroniques de la vie quotidienne d'une amoureuse de la bonne alimentation et de la terre qui la produit.  "This Organic Life" est un livre intelligent, sensible, révolutionnaire à sa manière tranquille, plein de bon sens, un livre qui questionne nos choix aussi.  J'ai fermé ce livre à regret avec l'impression d'avoir rencontré une nouvelle amie qui m'avait appris nombre de choses importantes et pas des moindres: la nature et le respect de ce fragile sol terrestre qui produit nos aliments, la passion et le geste sans cesse recommencé, les convictions tranquilles mises en application qui seules pourront nous sauver la mise devant les grandes multinationales et consortiums de tout acabit, le plaisir simple de manger les bons fruits et légumes, la nourriture de proximité, etc.   Tout cela,d'un abord facile, sans rien de doctoral. 


Quelques 10 ans plus tard et maintenant âgée de 82 ans, toujours alerte et cultivant ses carrés de légumes et ses arbres fruitiers sur les bords de l'Hudson River, Ms Gussow publiera à l'automne la suite de ce livre: "Growing, Older: A Chronicle of Death, Life, and Vegetables".

Doctorale, elle eût pu se permettre de l'être ce professeur d'université spécialiste reconnue de l'alimentation sous tous ses aspects. Durant plusieurs décennies, elle et son mari (maintenant décédé) ont pratiqué l'autosuffisance alimentaire et l'alimentation de proximité bien avant que cela devienne "de mise"!  Généreuse de ses conseils autant de culture, que de conservation, que de cuisine, elle partage avec humour ses expériences heureuses et moins heureuses, ses réflexions sur les ravages de la production alimentaire industrielle et de la culture de masse, sur les problèmes susceptibles de nous déborder à plus ou moins long terme, ici et/ou ailleurs.  Et tout cela fait du sens, du gros bon sens!

J'ai voulu partager avec vous rien moins que ma découverte des dernières années: l'écriture et l'oeuvre de Joan Dye Gussow.

jeudi 26 août 2010

...Elsie Reford, l'âme des Jardins de Métis !

Les Jardins de Métis m'ont conquise dès la première visite!  Ils sont uniques dans leur exubérance, leur richesse, le respect de la nature qui les entoure.  Ils jouissent d'un micro-climat en bordure du fleuve devenu presque mer à ce niveau.  Nous y avons passé une journée il y a deux ans sans parvenir à tout voir et nous étions à la fin septembre!!!  Je rêve d'y retourner encore et encore.  Cette fois-ci, juste avant de prendre la route de la Matapédia à Mont-Joli, nous avons fait le détour de quelques kilomètres jusqu'aux jardins de Grand-Métis, le temps de me procurer des graines de semences.  Leurs pavots bleus du Tibet me fascinent et j'habite dans un climat assez froid pour tenter l'expérience. 

Depuis ma toute première visite, l'âme fondatrice de ces jardins, la belle Elsie Reford m'intrigue et me fascine. Ce qu'il a fallu d'amour, d'entêtement, de persévérance, de passion absolue, pour créer ce lieu enchanteur!  Dans la cinquantaine et en convalescence, son médecin lui conseille de s'adonner au jardinage, activité moins aventureuse que l'équitation, la chasse et la pêche au saumon qu'elle pratiquait depuis sa jeunesse.  En 10 ans, elle créera donc les jardins sur le domaine de 20 hectares entourant la Villa Estevan.  La villa n'était au départ qu'un camp de pêche jouissant d'une vue exceptionnelle, mais érigée sur un sol très peu propice au jardinage. Malgré de fortes allergies, elle mit la même ardeur à créer ses jardins qu'elle en avait mis plus jeune à s'impliquer politiquement et socialement à Montréal où elle habitait avec sa famille.  Les femmes se devaient selon elle, d'aller au-delà du simple bavardage et de s'impliquer dans les grands enjeux de leur époque, ce qu'elle fit.  Dans ses jardins, elle dut re-créer un sol propice à chaque plante et elle entreprit de collectionner des espèces inconnues dans cette région. Devenue horticultrice chevronnée, elle publiera plus tard dans différentes revues spécialisées.

Cette pionnière du début XXe (1872-1967) fait partie du panthéon, pas très peuplé, de mes héroïnes.  Issue d'une famille très riche, bien mariée, elle aurait pu "se la couler douce", mais pour peu que l'on s'approche d'Elsie, on se rend compte qu'elle attendait bien plus de la vie et d'elle-même.  Certes, elle avait bénéficié d'une éducation et d'une instruction à la fine pointe de son époque, elle avait voyagé et appris plusieurs langues.  Les chances ne sont pas égales pour tous mais elle, contrairement à d'autres, aura su tirer parti de tous les avantages reçus et laisser en partage une oeuvre exceptionnelle: "Les jardins de Métis" à Grand-Métis, Québec.

Ce qui me trouble un peu, c'est que 77 ans après la naissance d'Elsie, j'entrais à l'école primaire catholique francophone de mon village.  On allait tenter de m'y convaincre de la nécessité d'obéir sans répliquer, de respecter les lois édictés par l'ordre établi (à l'époque les curés et Duplessis), de me conduire comme une bonne fille.  On allait aussi m'y taxer d'orgueilleuse et de tête croche parce que je regimbais!!!!!

http://www.jardinsdemetis.com/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Elsie_Reford