vendredi 3 octobre 2008
...La camionneure et la légende de l'homme des rivières!
jeudi 2 octobre 2008
...suite et fin d'un beau voyage!
C’est à regret que nous avons laissé le Cascapedia Lodge et ses propriétaires, la Baie des Chaleurs, la mer… New Richmond nous reverra d’ici un an, c’est certain! Et Jean-Luc pourra pêcher le saumon dans la Cascapedia (la petite ou la grande).
En route vers la vallée de la Matapédia, nous avons découvert le Parc national de Miguasha, toute une trouvaille. Ce parc fait partie du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1999. Dans ce site d’envergure internationale, on a trouvé (et trouve toujours) quantité de fossiles dont la qualité de conservation et la représentativité des spécimens est unique. Ces fossiles datent du Dévonien, une période de l’histoire géologique de la terre connue comme étant l’âge des poissons. Il y a 370 millions d’années, les poissons régnaient sur la planète bleue. La diversité et la qualité de conservation des fossiles animaux et végétaux retrouvés sur place, ainsi que la compréhension qu’elles ont permis d’une page de l’évolution de l’homme, font de Miguasha, un haut-lieu du tourisme d’apprentissage en Gaspésie et au Québec. On vient s’y initier à la paléontologie et on visite son musée et sa falaise fossilière protégée par le Parc, où les fouilles continuent. Les experts internationaux du Dévonien viennent et collaborent avec l’équipe de chercheurs de Miguasha. Un lieu à revoir où un chapitre de l’histoire de notre planète nous est expliqué.
En allant vers Causapscal, un arrêt à Sainte-Florence, un petit village de 473 habitants pour la visite du Centre d’interprétation forestier et salmonicole. Un musée initié par des gens de la place qui nous parle de l’histoire de l’exploitation forestière (les chantiers, la drave, les moulins à scie, les manières de faire et façons de vivre d’une époque héroïque). Ce v
olet est l’œuvre de quelques citoyens astucieux et habiles qui ont construit à l’échelle des maquettes des différentes installations (moulins, scies, moteurs, lieux d'habitation, etc..) qui permettaient l’exploitation forestière à l’époque de la colonisation de la Matapédia. Une figure légendaire du coin, Richard Adams (mort en 2006 à 95 ans) fait le lien entre la foresterie et la pêche au saumon. Il fut d’abord draveur avant de devenir un des plus célèbres guides de pêche de la Matapédia. Un petit film nous le montre à 85 ans, debout sur une pitoune (pièce de bois) flottant sur la rivière en train d’expliquer comment on procédait. Un exploit en soi, qui devient remarquable à cet âge respectable. Comme guide de pêche, Richard Adams a notamment côtoyé l’ex-président Jimmy Carter et beaucoup d'autres célèbres amateurs de la pêche au saumon dans la Matapédia.La deuxième partie du musée nous donne un bel aperçu de tout ce qui touche la pêche au saumon, notamment les mouches. Daniel Dufour le maître monteur de mouches y exposent plusieurs de ses remarquables spéciments. On y découvre aussi de remarquables collections de moulinets et de lignes à pêche.
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Et voilà! Notre retour à la maison s’est ensuite effectué en deux journées avec des arrêts au Bic et à Lévis pour dormir, et surtout des visites à un atelier de sculpture de St-Jean-Port-Joli, puis au Fumoir Ouellet et à la boutique Les Huiles du Berceau de Kamouraska.
Ce que je retiens surtout de ce voyage :
- La beauté des lieux naturels demeurés grandioses. Je comprends qu’on y retourne.
- La créativité et l’ingéniosité de nos artisans québécois, que l’on se doit d’encourager. Les connaître, c’est les adopter, et les artisans et leurs produits.
- La simplicité et la gentillesse des gens d’ici.
Je ne peux m’empêcher de penser que : pendant que nos politiciens pérorent, que les médias s’excitent, il est des gens qui au jour le jour travaillent avec amour et application à fabriquer des trésors de notre terroir!
samedi 27 septembre 2008
...suite de notre virée en Gaspésie!
Entre Ste-Anne-des-Monts et Grande-Vallée, les villages défilent, nichés dans des baies généralement profondes et bien protégées. Des noms de village que moi, fille des Cantons de l’est, j’envie aux Gaspésiens : La Martre, Marsoui, Rivière-à-Claude, Mont-St-Pierre, Saint-Maxime-du-Mont-Louis, Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine. Et n’oublions pas, Ruisseau-à-Rebours qui fut un temps nommé Ruisseau Arbour d’après le nom d’un de ses habitants. Ça change des « …burgh » et des « …town » de nos cantons. À chacun son charme!
Garmin le GPS, on ignore toujours pourquoi, nous a fait bifurquer à un moment sur une « Rue du ruisseau des olives ». Le seul nom est un enchantement et valait le détour. L’étroitesse de la rue du ruisseau des olives se faufilait entre deux rangées de maison très regroupées au fond d’une baie, pour revenir ensuite mine de rien sur la route 132.
J’ai retrouvé, toute aussi émerveillée qu’il y a quarante ans, les immenses caps de roches stratifiées qui semblent défier la mer de Mont-Saint-Pierre à Grande-Vallée. Plusieurs travaux sont effectués tout au long du tronçon de route qui longe la mer. Quelques panonceaux avertissent les voyageurs que les vagues peuvent balayer la chaussée en certains temps de l’année. L’hiver, ce doit être quelque chose! Bien sûr, ces chantiers arboraient les incontournables panneaux : « Des travaux d’une valeur de XX millions sont effectués par le gouvernement du Québec ». Au moins, on refait et on répare!
Une journée de voyagement courte, pour notre plus grand repos. Arrivée en début d’après-midi à Grande-Vallée, je me suis effondrée sur le lit et j’ai dormi un bon deux heures, ce rhume qui essaie de m’infiltrer depuis quelques jours. Souper à notre hôtel. La propriétaire, jeune et vive, originaire de la grande région de Montréal, a suivi son mari gaspésien il y a trois ans. Ils gèrent et rénovent à deux ce qui fut le vieil hôtel de Grande-Vallée et semblent en voie d’en faire un succès.
Demain, destination Percé.
26 septembre 2008
Enfin, nous y voici, au fameux Rocher Percé! J’avais oublié combien il est gigantesque, majestueux. Tous les guides touristiques et cartes postales du monde n’arrivent jamais à rendre la vérité d’un lieu. Lorsque nous avons tout à coup aperçu le rocher et l’ile Bonaventure du haut de la montagne, nous nous sommes exclamés d’un commun accord : WOW!
Le village de Percé est bien calme à ce temps-ci de l’année. Beaucoup de touristes français, américains et des retraités québécois en liberté! Le village a bien changé depuis 40 ans. Encore loin de Saint-Sauveur heureusement! L’infrastructure touristique s’est construite et plutôt bien je dois dire. À la différence d’il y a quelques dizaines d’années, il est maintenant possible de manger du poisson frais presque partout.

Il fait 22 degrés C avec un vent doux du sud. JL s’est confortablement installé sur le balcon de notre hôtel de la Côte Surprise, avec en arrière-fond le Rocher Percé. Quelques instants de contemplation, quelques photos, et il s’est re-plongé dans le 3ème tome de Millenium. Il respire à peine! Pour être bien certaine de lui fiche la paix, j’écris.
Aujourd’hui de Grande-Vallée à Percé, ce fut une belle promenade. À part, les arrêts d’utilité courante, la journée a surtout été marquée par la visite du Centre socioculturel Manoir Le Boutillier à l’Anse-au-Griffon. Notre guide costumée à l’ancienne, nous a accompagnés dans la visite de la maison de celui qui, parti à 15 ans de l’île de Jersey en 1812, devint le gérant du comptoir de la Charles Robin & Co, (on avait surnommé Robin, le roi de la morue à l'époque). La morue salée et séchée de la Gaspésie était recherchée en Europe, aux USA, dans les Antilles et en Amérique du Sud. La Charles Robin & Co ouvrit jusqu’à 28 postes et mis au point un système de crédit à la consommation avec les pêcheurs. Ceux-ci au fil des années s’endetteront et Robin deviendra par la force des choses leur débouché obligatoire pour le poisson. Une série télé québécoise, « Le vol de l’épervier » a fait connaître il y a quelques années ce système commercial qui dura en Gaspésie jusqu’à la moitié du 20e siècle. Selon notre guide, la compagnie Robin s’est maintenue jusqu’en 2006, année où elle dut déclarer faillite.
Après la conquête en 1760, on estimait à environ un millier de personnes la population gaspésienne d’origine française sur toute la péninsule. Il s’agissait principalement de femmes, d’enfants et de vieillards. Ce dépeuplement remontait à l’arrivée de l’amiral Phipps en 1690, lequel avant de tenter de prendre la ville de Québec, avait systématiquement détruit tous les établissements rencontrés en bordure du golfe et du fleuve.
Après la conquête de 1759, les jersiens (des marchands et ouvriers venus de l’île anglo-normande de Jersey), notamment Charles Robin en 1966, s’installèrent en Gaspésie pour ouvrir leurs comptoirs de pêche. Le Boutillier épousera la fille de Philip Robin (frère de Charles) et mènera de front sa carrière de député et d'homme d'affaires à la tête de sa propre compagnie.
Souper à La maison du pêcheur tout au bord de l’eau, paraît-il le meilleur restaurant de Percé.
27 septembre 2008
De Percé à New Richmond, un trajet sans histoire et sous la pluie.
Une petite tristesse s’installe : bientôt nous quitterons la mer, la grande eau à notre gauche. Ca se passera demain.
En attendant profitons de notre moment présent au Domaine Cascapedia Lodge, propriété de Ghislaine et Réal Bernard. Et quel moment présent! Un accueil chaleureux, des hôtes intéressants et agréables, un décor et une ambiance qui favorise la détente et un repas des plus délicieux pris en tête à tête avec Ghislaine et Réal! Que demander de plus? Du temps pour que ça dure! Et l’espoir de revenir un jour se retremper dans cette atmosphère pour plus longtemps.
Demain, nous entamons déjà le voyage de retour!
mercredi 24 septembre 2008
...l'éolienne et la gastronomie des Chic-Choc!

Après un "timatin" chez Tim et quelques courses à Matane, nous filons vers Cap-Chat, la capitale de l’éolienne. Nous y aurons droit à une visite guidée très complète et très divertissante du parc éolien Le Nordais.
Notre guide, (photo ci-jointe) peut-être un ancien ingénieur de l'Hydro, pourrait servir de modèle à bien des professeurs: passionné de l’éolienne sous ses deux formes, axe vertical et axe horizontal, il nous a fait un explicatif aussi passionnant que complet de l’histoire, du mécanisme et du fonctionnement de l’éolienne au Québec. Le Nordais qui, pour moi, n'était qu'un nom associé à l'énergie éolienne, a maintenant une figure: celle de son parc de Cap-Chat et ses 133 éoliennes générant 100 mégawatts. Ce parc figure parmi les plus importants au monde. La Côte-Nord du Québec, la Gaspésie et le Grand Nord Québécois sont, paraît-il, voués à un bel avenir dans l'éolien.
Le Gîte reçoit des visiteurs depuis 1950 dans un site remarquable au cœur des monts Chic-Choc ("barrière infranchissable" dans le langage autochtone). Nous n'y passerons qu'une nuit, donc peu de temps pour la randonnée si ce n'est juste avant le départ demain en matinée. Je souligne en connaissance de cause la qualité de la table du Gîte du Mont-Albert. Vraiment, JL et moi étions "sur le cul"! Une cuisine raffinée où l'on retrouve le goût premier de chaque aliment mis en valeur par des sauces légères et des herbes fraîches. De l'entrée au dessert, le raffinement et la créativité ne se relâchent pas! De quoi se péter les bretelles. Bravo à notre gastronomie québécoise. À ce temps-ci de l'année et à quelques jours de sa fermeture pour quelques semaines, le gîte est encore très achalandé. Beaucoup de touristes français et américains!
mardi 23 septembre 2008
...jusqu'à Matane
Tout au long de la journée, de Notre Dame du Portage à Matane, nous avons vu le fleuve s’élargir toujours sous une tempête de ciel bleu.
1er arrêt à Rivière-du-Loup à la Boulangerie Bio Au Pain Gamin. Ce que ça embaumait là-dedans! Heureusement, j’avais déjà déjeuné.
2e arrêt à Sainte Flavie au Vieux Moulin, une miellerie doublée d’un petit musée anthropologique extraordinaire. À voir absolument! Au musée à l’étage, une superbe collection de trésors patrimoniaux de la Nouvelle-France ainsi que de nombreux artefacts des premières nations de l’Amérique du Nord. Je me suis demandée tout au long qui était le fou (ou la folle) passionné qui avait installé ce bijou à l’étage d’un moulin de Sainte Flavie? Je finirai bien par le savoir! Au rez-de-chaussée, une boutique où l’on vend les miels, hydromels concoctés sur place et toutes sortes de produits dérivés du miel. L’hydromel sec et celui à la framboise nous ont étonnés et ravis. Deux bouteilles à boire doucement au coin du feu, par les nuits froides d’hiver!
3e arrêt, toujours à Sainte Flavie, le Centre d’Art Marcel Gagnon, surtout connu par « Le grand rassemblement », une installation de 120 sculptures de béton qui sortent du fleuve et semblent marcher jusque sur la grève. C’est indéniablement ce que j’ai aimé le plus à cet endroit malheureusement entaché par un petit relent de mercantilisme. Ce qui au départ n’était qu’une œuvre sortant de l’ordinaire est maintenant jouxtée d’un restaurant/auberge/galerie d’art/boutique de souvenirs. Il ne manque qu’un mini-golf! Pourtant, en visitant la galerie d’art, certaines toiles m’ont vraiment plu, comme certaines phrases et poèmes de Marcel Gagnon m’ont touché. Mais était-il bien nécessaire de les vendre dans tous les formats ces poèmes (laminés ou non, sur des cartes, des enveloppes, dans des recueils de poésie? Je ne sais trop… Mélange d’authenticité et d’esprit commercial, mélange aussi de beau et de kitsch.
« Le grand rassemblement » à lui seul en valait tout de même le coup!
4e arrêt, un incontournable : Les Jardins de Métis.
Mme Elsie Reford a réussi là, de 1926 jusqu’en 1958, une merveille d’horticulture où la nature sauvage conserve aussi toute sa place. Les arrangements les plus raffinés de fleurs et de plantes côtoient dans l’harmonie les fougères, les mousses, les vieux arbres et les tout jeunes. Des allées de graviers serpentent sur les 17 acres, enjambant le ruisseau, escaladant les rochers. Les plantes indigènes récoltées dans les boisés et tourbières environnantes se mêlent à des espèces exotiques. Le pavot bleu importé de l’Himalaya est l’emblème des Jardins de Métis.
Après la visite, nous avons décidé de filer vers Matane et l’hôtel. En route, les premières éoliennes du voyage nous saluaient à lents coups de pales. J’ai commencé, probablement grâce à la mer, à retrouver la Gaspésie d’il y a 40 ans, en plus riche, du moins en apparence.
Demain, le parc de la Gaspésie et le Gîte du Mont Albert.