dimanche 21 décembre 2008

...Christian Bobin

À la télé tout à l'heure, une des très rares interviews du poète Christian Bobin, être authentique et bouleversant entre tous et un maître dans tous les sens du terme. Je possède depuis plusieurs années toute une collection de ses oeuvres, chacune d'elles à garder et à relire! Quelques-unes manquent cependant, dont "La présence pure" que je lirai très bientôt. Il y parle de l'Alzheimer dont a souffert son père. Un extrait du livre retrouvé sur le net:

"J'aime appuyé ma main sur le tronc d'un arbre devant lequel je passe, non pour m'assurer de l'existence de l'arbre - dont je ne doute pas - mais de la mienne...

...Il ne se reconnaît plus sur les photographies. Il n'y reconnaît pas non plus les siens. Quand on les lui nomme, il a les yeux brillants de joie, émerveillé de se découvrir des enfants comme s'ils venaient de naître. Ce qu'il savait du monde et de lui-même est effacé par la maladie, comme une éponge sur un tableau. Le tableau est grand, il est impossible de l'essuyer en une seule fois, mais de nombreuses phrases ont déjà disparu. La maladie d'Alzheimer enlève ce que l'éducation a mis dans la personne et fait remonter le cœur en surface."

Pour ceux que ça intéresse, il est possible de revoir cet interview sur le site Radio-Canada suivant: http://www.radio-canada.ca/actualite/V2/secondregard/ Et si vous ne le connaissez pas, allez-y aussi, c'est mon cadeau de Noël!

jeudi 18 décembre 2008

...de "Nowellllll" à Noël!

Ah! Ce temps de l'année où l'on retrouve le meilleur et le pire, je suis en plein dedans! Tiraillée de toutes parts comme à l'habitude! Si je pouvais seulement foutre à la porte les attentes et les obligations et n'être que moi-même, comme je l'étais enfant à m'émerveiller de la neige et de l'histoire de Noël!

Aujourd'hui, chacun y va de son air de Nowelllll! À commencer par les gourous des médias et leurs discours entrecoupés de pauses commerciales nous déclinant Nowellll sur tous les tons, du plus misérabiliste au plus insouciant. Dans la même émission, on nous présente le docteur Julien et son oeuvre magnifique auprès des enfants défavorisés, suivi d'une chronique sur le magasinage qui pourrait s'intituler "Comment acheter des cochonneries pas chères, made in China, à moins de $20. et appeler ça cadeau de nowelll!" Ensuite un économiste nous entretient de la récession actuelle susceptible de se transformer en dépression en 2009. Enfin on termine avec un chef cuisinier très jet set qui nous offre à prix fort de la poutine de foie gras et autres incongruités alimentaires hors portée de bourse de la grande majorité des auditeurs. Un joyeux nowelllllll avec ça?

Et je me retrouve avec l'envie de tout planter là, de m'enfoncer encore plus profondément dans les bois ou dans le désert, de partir à la recherche d'une étoile comme les bergers et les Rois, de trouver un petit enfant qui n'aura pas dressé une liste de cadeaux à recevoir, qui s'émerveillera de la splendeur d'un simple flocon de neige, et n'ayant que faire de toute la myrrhe, l'or et l'encens du monde.

En vrai, j'embrasserai les joues rebondies de mes petits-enfants, même s'ils ont fait des listes de cadeaux. J'ai hâte de les regarder dans les yeux, de les entendre rire et de les voir jouer dans la neige! Cette année, pas de jouets ou de livres achetés à la va-vite, seulement un ajout à leur compte d'études et quelques bonbons fabriqués par les grands-parents!

Et mon cadeau de moi à moi, c'est un congé d'émissions stupides, radio ou télé!

P.S. Ah oui, pour ceux que ça intéresse: Babine, un film formidable, bon pour le coeur et l'esprit, et drôle, beau, magnifiquement réussi.

dimanche 7 décembre 2008

...Fred Pellerin


Décision unanime. Pour se récompenser d'avoir voter et pour éviter la soirée des élections, lundi prochain nous irons voir "Babine", le film de Picard, inspiré du conte de Fred Pellerin. J'ai hâte!

Fred Pellerin, plus que bien d'autres, devrait recevoir le prix culturel du Québec, tout au moins, pour avoir mis sur la carte, son village St-Élie-de-Caxton et toute une région. Pour avoir créé des livres, des spectacles, des enregistrements, un film, donc des centaines d'emplois avec leurs retombées économiques. Sans parler de son rayonnement dans les pays francophones, de son apport au français langue vivante qui parle au coeur et du pur bonheur que ses spectacles procurent. Un grand monsieur de chez nous que ce p'tit gars de St-Élie-de-Caxton!

Et tout ça en demeurant lui-même, sans la grosse tête et l'ego qui ne passe pas dans les portes.




vendredi 5 décembre 2008

...ALLEZ VOTER !

Je me vois comme quelqu'un d'engagé, d'intéressé par la chose publique... mais là, vraiment, j'en ai plein la tuque!
Lundi prochain, j'irai voter, respect à la démocratie oblige, mais je suis lasse, infiniment lasse de tout le blablabla politico-médiatique! J'irai voter lundi prochain et ensuite, j'observerai attentivement, le temps que le nouveau gouvernement durera, ce qui va s'ensuivre de concret au beau pays du Québec!

Je noterai ce qui adviendra des Rabaska, Gentilly et Orford, de ce monde politique québécois qui marche allègrement vers la catastrophe écologique.
Je noterai comment nos artisans et producteurs agricoles seront traités, eux qui ont charge de nous nourrir convenablement. Exterminera-t-on la listériose ou les fromagers?
Je noterai la mise en pratique des améliorations promises dans les secteurs de la santé et de l'éducation et comment se portent nos professeurs et le personnel soignant de nos hôpitaux!
Je surveillerai l'usage qui sera fait de nos fonds collectifs et de nos grandes institutions pour stimuler intelligemment notre économie au profit de TOUS les québécois de tous les âges et de tous les milieux.
J'observerai la vie des régions et celle de nos créateurs.
Je noterai les hausses du coût des services, je surveillerai la courbe du chômage et celle de la pauvreté.
En tant que citoyenne, j'aurai l'oeil ouvert et le bon! La bouche aussi! Et les mains pas très loin de mon clavier et de mon stylo!

Et j'aurai tout le droit de gueuler ou d'applaudir.... PARCE QUE J'AURAI VOTÉ!

mardi 2 décembre 2008

...le bordel de Steph !

Non mais, dès le départ à quoi ils ont pensé le Steph albertain et ses conservateurs de vouloir à la fois priver les parties politiques de leur soutien financier, les fonctionnaires de leur droit de vote, mettre en jeu l'équité salariale, etc.? Ils ont le couperet bien facile et leur manque d'imagination et de pragmatisme en temps de crise financière est flagrant! Encore ce matin, j'entendais un de nos rares députés conservateurs québécois, nous parler des fameux milliars investis dans le secteur manufacturier. Tout à fait exact, à condition que les pétrolières fassent partie du secteur manufacturier.

Devant un tel état de fait, j'approuve la coalition des autres partis.... malgré le remue-ménage et le déséquilibre passager! Je les invite même à recruter quelques-uns des meilleurs conservateurs au sein de leur futur conseil des ministres. ET QU'ON SE METTE À L'OUVRAGE, ÇA PRESSE! Je sais bien que Stéphane Dion n'est pas le plus charismatique des hommes, loin s'en faut, mais il est droit, sincère et intelligent. Les québécois ont été bien avisés d'élire en majorité les représentants du Bloc qui continuent de veiller à nos intérêts, avec plus de succès semble-t-il au sein de la Coalition!

Déjà plusieurs semaines de perdues face à la tempête économique, tant au provincial qu'au fédéral, tout ça parce que nos premiers ministres trippaient davantage "pouvoir" que "devoir"!

lundi 1 décembre 2008

...les rides !


Avertissement de l'actrice italienne Anna Magnani à son réalisatiteur lors du tournage de "Rose Tattoo": "Vous n'enlevez aucune de mes rides, chacune d'entre elles m'a coûté suffisamment cher !"

dimanche 30 novembre 2008

...un beau cadeau!


Un merveilleux texte d'un gars inspirant et inspiré comme ça se peut pas, un gars que j'aime sans le connaître. Son texte a mis en mots, mieux que je ne l'aurais fait, ce qui m'habite et me fait sourire malgré tout, à cause de tout! Je vous présente le slammeur, Grand Corps Malade.


Je dors sur mes 2 oreilles
J’ai constaté que la douleur était une bonne source d’inspiration
Et que les zones d’ombre du passé montrent au stylo la direction
La colère et la galère sont des sentiments productifs
Qui donnent des thèmes puissants, quoi qu’un peu trop répétitifs
A croire qu’il est plus facile de livrer nos peines et nos cris
Et qu’en un battement de cils un texte triste est écrit
On se laisse aller sur le papier et on emploie trop de métaphores
Pourtant je t’ai déjà dit que tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts
C’est pour ça qu’aujourd’hui j’ai décidé de changer de thème
D’embrasser le premier connard venu pour lui dire je t’aime
Des lyrics pleins de vie avec des rimes pleines d’envie
Je vois, je veux, je vis, je vais, je viens, je suis ravi
C’est peut-être une texte trop candide mais il est plein de sincérité
Je l’ai écrit avec une copine, elle s’appelle Sérénité
Toi tu dis que la vie est dure et au fond de moi je pense pareil
Mais je garde les idées pures et je dors sur mes 2 oreilles
Évidemment on marche sur un fil, chaque destin est bancal
Et l’existence est fragile comme une vertèbre cervicale
On t’a pas vraiment menti, c’est vrai que parfois tu vas saigner
Mais dans chaque putain de vie, y’a tellement de choses à gagner
J’aime entendre, raconter, j’aime montrer et j’aime voir
J’aime apprendre, partager, tant qu’y a de l’échange y’a de l’espoir
J’aime les gens, j’aime le vent, c’est comme ça je joue pas un rôle
J’ai envie, j’ai chaud, j’ai soif, j’ai hâte, j’ai faim et j’ai la gaule
J’espère que tu me suis, dans ce que je dis y’a rien de tendancieux
Quand je ferme les yeux, c’est pour mieux ouvrir les cieux
C’est pas une religion, c’est juste un état d’esprit
Y’a tellement de choses à faire et ça maintenant je l’ai compris
Chaque petit moment banal, je suis capable d’en profiter
Dans la vie j’ai tellement de kifs que je pourrai pas tous les citer
Moi en été je me sens vivre, mais en hiver c’est pareil
J’ai tout le temps l’œil du tigre, et je dors sur mes 2 oreilles
Je n'suis pas le plus chanceux mais je me sens pas le plus à plaindre
Et j’ai compris les règles du jeu, ma vie c’est moi qui vais la peindre
Alors je vais y mettre le feu en ajoutant plein de couleurs
Moi quand je regarde par la fenêtre je vois que le béton est en fleur
J’ai envie d’être au cœur de la ville et envie d’être au bord de la mer
De voir le delta du Nil et j’ai envie d’embrasser ma mère
J’ai envie d’être avec les miens et j’ai envie de faire des rencontres
J’ai les moyens de me sentir bien et ça maintenant je m’en rends compte
Je voulais pas écrire un texte « petite maison dans la prairie »
Mais j’étais de bonne humeur et même mon stylo m’a souri
Et puis je me suis demandé si j’avais le droit de pas être rebelle
D’écrire un texte de slam pour affirmer que la vie est belle
Si tu me chambres je m’en bats les reins, parfois je me sens inattaquable
Parce que je suis vraiment serein et je suis pas prêt de péter un câble
La vie c’est gratuit je vais me resservir et tu devrais faire pareil
Moi je me couche avec le sourire et je dors sur mes 2 oreilles
La vie c’est gratuit je vais me resservir et ce sera toujours pareil
Moi je me couche avec le sourire et je dors sur mes 2 oreilles

mercredi 26 novembre 2008

...un petit regain électoral!

J'étais vraiment sur le bord de ne pas aller voter... jusqu'à hier soir!

Je m'étais installée un peu sceptique devant la télé, décidée à supporter 25 minutes de débat, pas plus! Je l'ai regardé en entier, la plupart du temps avec plaisir, et me suis tapée quelques commentaires post-débat à RDI. J'ai grossièrement gueulé à quelques reprises lorsqu'on me tapait trop sur les nerfs mais j'ai apprécié tout compte fait.

Ma gagnante: Pauline Marois, pour son énergie, son intelligence, sa combativité. Je l'ai entendu cet après-midi interviewée par Dutrisac à son émission radio. Il lui a donné le temps de s'expliquer sur les sujets importants, la poussant un peu dans les coins par des questions intelligentes. Et elle a re-gagné. C'est décidé. J'irais voter même si son candidat dans le comté ne m'inspire pas beaucoup (c'est le moins pire des trois!)

Mon deuxième: Mario Dumont. Une habileté incontestable à débattre. Un timbre de voix et des phrases percutantes. Une bonne connaissance des dossiers de l'heure. Il promet toujours... à condition qu'il soit aussi autre chose que politicien et plus profondément imprégné de l'importance capitale des responsabilités qu'il brigue!

Ma queue de classe: Jean Charest. Un croisement entre un pit-bull ennuyé et un politicien habile au sens péjoratif. Il en fait pitié. De l'esbrouffe sans la flamboyance, comment on appelle ça?

Quant à l'animateur: aussi habile soit-il, Stephan Bureau en a eu plein les bras par moment, mais il a fait du bon boulot. Je ne vois pas qui aurait pu faire mieux que lui.

En résumé, on est tout de même loin de Barack Obama.

N'OUBLIEZ PAS: ALLER VOTER!

vendredi 21 novembre 2008

...le temps de vivre!

Les heures coulent, s'emboîtent les unes dans les autres, au fil d'un quotidien qui ne fera jamais les manchettes... et tant mieux!
Temps gris et froid qu'anime la beauté de rares flocons de neige et la visite quotidienne des chevreuils en quête de carottes!
J'émerge d'un problème de santé impromptu et qui n'aura pas, c'est à souhaiter, de conséquence. Visites presque quotidiennes à la clinique ou au CLSC qui m'auront permis de connaître des femmes habiles et gentilles qui font métier de panser, soulager, conseiller.
Tout ça était tellement imprévu et a retardé mon retour à l'atelier.
Les antibio, ça aide à guérir mais ça met sur le carreau. Je dors comme un loir...nuit et jour! Enfin, j'exagère: une ou deux heures chaque après-midi!
J'ai tout de même réussi à préparer des tourtières et des pâtés de poulet...pour le congélateur et les jours d'hiver où je n'aurai pas le goût de cuisiner! Une façon de me réserver du temps d'atelier pour plus tard.
J'aime vraiment cuisiner!

lundi 17 novembre 2008

...Merci Monsieur!

On le surnommait "Monsieur", comme à la cour de Louis XIV, lorsque "Monsieur" fut le nom donné au frère du monarque régnant. Sauf que notre "Monsieur" à nous possédait en plus le panache et l'intelligence dont semblait dépourvu, selon certains historiens, le frère du roi.

Et ce "Monsieur", donné avec affection par certains, agacement chez d'autres, s'adressait à Jacques Parizeau, économiste, ministre, premier ministre, serviteur de l'état du Québec s'il en est. Rappelons que dans sa biographie en trois volumes de "Monsieur", Pierre Duchesne parle successivement du "Croisé", du "Baron" et finalement du "Régent"!
Royal et rien de moins notre Jacques Parizeau.

Hier soir, invité à "Tout le monde en parle", Jacques Parizeau nous a donné, avec panache, une leçon d'histoire, d'économie et de gestion politique. Lui sait ce dont il parle pour avoir véritablement servi son Québec avec passion. S'il ne s'ennuie aucunement de la vie politique (la politique, c'est un "océan d'orteils"! a-t-il déclaré), le travail sur les grands dossiers de l'état lui manque. En période de crise économique, ce n'est pas le temps d'aller en élection mais de "gérer le plus urgent!" Les moyens sont là, il ne s'agit que de se grouiller! Et "pan!" pour les petits politiciens qui ne pensent qu'à la majorité à obtenir!

Bravo à Guy A. Lepage d'avoir pensé à remercier, au nom de tous les québécois, M. Jacques Parizeau, pour l'immense travail qu'il a accompli au sein de l'état québécois et comme citoyen depuis. À 76 ans, je me souhaite sa verve, son intelligence et sa clarté de propos!

Merci "Monsieur"!