dimanche 14 août 2011

...Alzheimer: une approche qui fait bande à part !

Il fallait absolument que je partage avec vous cet article de Caroline Montpetit, paru dans Le Devoir du 12 août.

"Au premier coup d'œil, la maison Carpe Diem, à Trois-Rivières, est une maison comme une autre. Un escalier, une cuisine, un salon. Des gens de différents âges qui discutent, qui partagent un même espace.
Même si la maison accueille des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, les portes n'y sont pas verrouillées. Les personnes qui sont jugées aptes à le faire peuvent d'ailleurs sortir marcher, seules, dans la ville.

C'est le cas de Mme Lorraine Rheault, qui réside dans cette maison depuis quelques mois, ou encore de M. Gérard Desharnais, qui aime se balader à son rythme dans la ville.

La maison Carpe Diem est reconnue à travers le monde pour son approche bien particulière des personnes souffrant d'alzheimer. Combinant les services à domicile, les services de jour et de soir et l'hébergement, elle mise avant tout sur les forces des personnes touchées par cette maladie. Lorsqu'on fait la cuisine, on invite, si elles le veulent, les personnes atteintes d'alzheimer à participer à la préparation du repas. Les services à domicile sont aussi dispensés en collaboration avec ces personnes.

Selon Nicole Poirier, directrice de Carpe Diem, cette approche, qui est fondée sur les forces des individus plutôt que sur leurs pertes liées à la maladie, a un effet bénéfique sur leur santé.

Elle se souvient du cas d'un homme à qui on avait diagnostiqué des troubles de comportement et à qui on avait prescrit des médicaments dans un CHSLD. Étourdi par cette médication, l'homme a perdu l'équilibre, et on l'a installé dans un fauteuil roulant, avec des culottes d'incontinence. Après avoir adapté sa médication, on l'a encouragé à se présenter à table debout, sans culotte d'incontinence. Son agressivité a baissé du même coup. Mais l'établissement a reçu moins de fonds pour ce malade qui nécessitait moins de soins par jour.

«C'est l'effet pervers du financement basé sur les pertes», dit Nicole Poirier.


Nicole Poirier n'est pas une directrice ordinaire. C'est à l'âge de 21 ans qu'elle lance sa première résidence pour personnes âgées, dans la maison familiale. La jeune femme a alors une formation en administration. Plus tard, elle poursuit des études en psychogérontologie et en administration publique, tout en participant à diverses études pour le compte du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Mais, aujourd'hui encore, lorsqu'elle embauche des intervenants, Nicole Poirier s'intéresse beaucoup plus à la personnalité des candidats qu'à leur formation. Elle appréciera ainsi la capacité d'évaluer le risque dont fait preuve une mère de famille ou une ancienne éducatrice en garderie.

Selon Cindy Boulanger, qui travaille à la maison Carpe Diem et qui a une formation d'enseignante de niveau primaire, certaines approches mises au point par la maison pourraient également fonctionner en milieu scolaire. «On a de meilleurs résultats lorsqu'on mise sur les forces des enfants plutôt que sur leurs faiblesses», dit-elle. Nicole Poirier aime d'ailleurs citer des études qui montrent que des professeurs ont obtenu de bien meilleurs résultats avec leurs élèves lorsqu'ils les croyaient plus doués que les autres, alors qu'ils étaient en réalité d'un niveau moyen, tandis que d'autres professeurs ont obtenu des résultats plus faibles avec des élèves moyens qu'ils croyaient sous-doués.

Certaines personnes atteintes d'alzheimer ont des difficultés de langage, ce qui entraîne une sous-estimation de leurs autres capacités. Mais plusieurs vivent aussi un grand déni par rapport à leurs faiblesses.

Les intervenants de Carpe Diem ont des fonctions extrêmement diversifiées. Elles peuvent être appelées à faire le ménage comme la cuisine, à faire du sport ou à jouer aux cartes, en plus d'être à l'écoute des personnes qu'elles soignent. D'ailleurs, même les usagers de Carpe Diem sont invités à participer aux tâches ménagères s'ils le souhaitent.


Lors de notre visite, Diane Sirois, intervenante, avait servi des repas à 38 personnes, personnel compris, durant la journée, et Marielle Bérubé, qui fréquente la maison durant la journée, avait aidé à faire la vaisselle.

«Ma belle-mère est hébergée ici, raconte Diane Sirois, et son état s'est amélioré en flèche après son arrivée.» La dame, auparavant hébergée dans un autre centre, était alors très anxieuse et angoissée, et le médecin voulait lui prescrire des médicaments dont elle n'a finalement pas eu besoin. «Mon conjoint dit qu'elle serait morte si elle n'était pas venue ici», dit-elle.

Quelques jours avant notre passage à Trois-Rivières, l'un des usagers de Carpe Diem, qui aime marcher seul et qui fait généralement toujours le même trajet, est rentré beaucoup plus tard que prévu. Le personnel de la maison est parti à sa recherche. L'homme est rentré tard dans la nuit, ravi de sa soirée.

«J'ai finalement su qu'il était allé au port et avait pris une croisière de trois heures, où jouait de la musique des années 80 et 90», raconte Nicole Poirier. Chaque jour, Carpe Diem doit ainsi établir un équilibre entre sécurité et liberté pour ses clients.

Cette évaluation des capacités des usagers se fait en étroite collaboration avec les familles. Mais Nicole Poirier est formelle, elle ne croit pas aux évaluations traditionnelles qui attribuent une cote aux personnes. «Personne ne mérite d'être réduit à une cote», dit-elle. C'est jour après jour, en côtoyant les personnes atteintes, en faisant des activités avec elles, que les intervenants de Carpe Diem découvrent jusqu'où elles peuvent aller. Carpe diem."

J'avais 10 ou 11 ans, nous étions en 1953-54.  Mon amie Mireille, qui dinait chez elle, était revenue à l'école, en larmes et toute rouge.
Avant que la cloche sonne pour nous rappeler dans les classes, elle eut tout juste le temps de me raconter que des gens étaient venus chercher son grand-père pour l'amener à l'hospice, qu'il ne voulait pas y aller et qu'elle non plus ne voulait pas qu'il parte. Bien sûr, elle ne connaissait pas tous les dessous de l'histoire, mais son chagrin faisait peine à voir. Elle trouvait son père dur et lui en voulait.  Ma mère m'expliqua en fin de journée ce qu'était l'hospice et pourquoi les gens répugnaient à y aller.

En tant que société, nous avons fait quelques progrès mais il reste beaucoup à accomplir.  En tant qu'individu, une réflexion sérieuse s'impose.

lundi 8 août 2011

...le 8 août?

Me semblait bien aussi que le feuillage des pois mange-tout jaunissait, que mon jardin avait un p'tit air d'automne, que la forêt devenait de plus en plus silencieuse au petit matin!  Les journées raccourcissent, les cigales s'éclatent le jour, la nuit, ce sont les grillons!  L'été décline lentement.... Un autre été.

À chaque été, c'est la même chose.  J'oublie mes bonnes résolutions, je perds le contrôle, séduite que je suis par la beauté naturelle de la forêt, l'énergie époustouflante des végétaux, la gaieté sans nom des oiseaux, la curiosité et... la gourmandise des petits animaux de la forêt!  Je me perds dans la forêt comme Crusoé dans la jungle de son île!

Et j'en suis là, au 8 août, profitant d'un petit temps gris et mouillé, à revoir mon été.

Le jardin où j'ai perdu le contrôle des tomates devenus une véritable forêt de branches qui s'entrecroisent et qui ploient tout de même sous les fruits.  Où j'ai reçu, malgré les clôtures, la visite régulière d'une jolie marmotte qui s'est empiffrée de kale, de chou, de laitue après avoir bouffé la presque totalité de mes capucines, le coeur des hostas et le feuillage des carottes et du panais.  Ma fille aînée m'a dit d'une voix tendancieuse que la marmotte, c'était délicieux, quelque chose comme le lapin, et que ma marmotte nourrie de légumes bio serait la meilleure de toutes. Hors de question.  La marmotte a dû entendre la conversation, elle est disparue depuis quelques jours.  Ou encore, un coyotte nous écoutait....  Malgré la chaleur, le travail épuisant et suant, la marmotte, les pluies trop, puis pas assez abondantes, le désherbage, le sarclage, etc., le jardin me procure un bonheur dense, primaire, qui me fait perdre la boule.......

Il y a eu les ennuis de santé de Tofu, le bichon frisé qui partage nos vies depuis 12 ans déjà.  Pierres à la vessie, chirurgie, convalescence et maintenant des crises d'épilepsie... Le vet soupçonne un cancer ou une tumeur et nous appuie dans la décision de la garder vivante tant qu'elle aura du plaisir à vivre sa vie de chien. Pour le moment, ça va! Et ça m'a rappelé que la vie est aussi une longue suite de deuils.

La Gaspésie.  Nous y sommes retournés en juillet et nous remettrons cela en septembre.  Pêche à la rivière Petite Cascapédia, virée au Mt-Albert et mon premier trekking depuis 1999 (l'arthrite rhumatoïde avait mis un holà à mes activités sportives).  En septembre, nous ferons le vrai "tour de la Gaspésie" avec ma soeur qui en rêvait depuis longtemps. J'ai hâte.

La voile.  La saison commence à peine pour nous... au moment où elle est en voie de se terminer pour bien des gens.  Si septembre y met du sien, nous retrouverons un lac Champlain déserté où, en semaine, seulement quelques voiliers et bateaux de pêche circulent.  Mettre l'ancre dans une baie presque déserte, j'adore ça!

La lecture.  Beaucoup lu cet été, par plaisir et selon les coups de coeur.  Je termine la biographie en deux volumes de Robertine Barry et déjà m'attendent, les deux bouquins de François Chartier: Papilles et molécules, suivi de Les recettes de Papilles et molécules. J'ai tellement manqué de livres dans ma jeunesse que depuis j'en ai toujours quelques-uns qui m'attendent.

Et la peinture?  Trop importante pour la caser entre deux activités, j'ai préféré la laisser dormir à l'atelier pour quelques semaines. Je passe visiter mon chevalet de temps à autre, je cultive mon désir!  J'ai très, très hâte... de la remettre au premier rang de ma vie.


Ma vue préférée de la Petite-Cascapédia


Fascination pour l'immense beauté de l'Eau

Et n'allez pas croire que j'ai mis le couvercle sur mon intérêt pour ce qui se passe (ou ne se passe pas) dans notre beau pays.  L'intérêt est tout aussi intact que la fureur.  En fréquentant la Beauté, les gens de mon pays et l'Histoire de ce pays, je prends des forces.

mardi 2 août 2011

...Robertine Barry, vous connaissez?

J'ai fait sa connaissance grâce au remarquable ouvrage de Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque: Elles ont fait l'Amérique. 
Leur récit a éveillé ma curiosité et m'a incitée à plonger dans les deux ouvrages de Sergine Desjardins: Robertine Barry, tome 1, La femme nouvelle (2010), ainsi que Robertine Barry, tome 2, On l'appelait Monsieur (2011).
Le fait que Robertine soit née quelques mois avant ma grand-mère paternelle a aussi stimulé mon intérêt.  Cette grand-mère qui a vécu avec nous les dernières années de sa vie, je la connaissais aussi bien qu'un enfant peut le faire et j'étais curieuse des parallèles à établir avec une autre femme de son époque.

Robertine Barry devint, en 1891, la première femme journaliste de langue française au Québec, vivant de son travail et faisant partie de l'équipe du journal La Patrie, fondé par Honoré Beaugrand.  Elle dut tout de même signer la plupart de ses articles "Françoise", tellement il était de mauvais ton qu'une femme de son milieu gagne sa vie.  Honoré Beaugrand ne freina en rien son enthousiasme, sa verve, ne s'objecta à aucune de ses attaques et de ses prises de position, qu'il s'agisse de l'éducation des filles, de la lutte à la pauvreté, du célibat dont elle faisait l'apologie, de la venue du tramway électrique à Montréal, des mauvais traitements faits aux chevaux de calèche, etc...  Un franc-parler et un humour tout à fait inusités chez une femme de l'époque, une femme journaliste fort appréciée de ses lecteurs et gardée à l'oeil par les hautes instances de l'Église catholique (évidemment!).

Robertine eut la chance de grandir aux Escoumins et à l'Ile Verte, dans une famille ouverte sur le monde, cultivée, où les livres et les journaux canadiens et européens (sans censure aucune) étaient à l'honneur, de même que la musique.  Très tôt, elle décida d'écrire, de devenir journaliste.  Comme l'université était interdite aux filles (McGill University existait pour les femmes anglophones et il était inconcevable qu'elle s'y inscrive.  À l'époque, les femmes d'ici qui osaient faire médecine aux USA ne pouvaient travailler que là-bas, le droit de pratique leur étant refusé au Québec).  À la fin de ses études chez les Ursulines de Québec, Robertine se consacre à l'écriture et quelques années plus tard, dans la jeune vingtaine, rejoint l'équipe du journal La Patrie.  Les années qui suivent sont consacrées à sa Chronique du lundi et à son travail de journaliste.  Elle milite de manière constante contre les préjugés et les abus faits aux femmes.  Celles-ci partaient de loin: considérées au même titre que les enfants et les aliénés, elles ne pouvaient gérer leurs propres avoirs (si elles en avaient), ou travailler à l'extérieur.  Le célibat des femmes était suspect (excusé seulement si la femme veillait sur ses vieux parents).  La fille passait de l'autorité du père à l'autorité du mari, auquel cas, elle se devait de procréer régulièrement!!!!  Robertine avait donc du pain sur la planche et elle se lança dans la bataille avec fougue malgré les quolibets et les menaces.  Son influence sur ses lecteurs et lectrices fut incontestable.

Comme le souligne Bouchard/Lévesque dans leur ouvrage, le travail d'observation et d'écriture de Robertine Barry est tellement juste et précis qu'on peut parler d'un "travail ethnographique" qui s'avère fort précieux pour qui s'intéresse à cette époque.

Ma grand-mère Clémentine née tout juste un an plus tard que Robertine, se maria à 22 ans, enfanta 5 garçons et 2 filles (l'une mourut accidentellement à 18 ans, l'autre fut recrutée chez les Soeurs).  Le travail de son mari le menant sur divers chantiers, elle éleva sa marmaille souvent seule.  Habitant la maison voisine de l'église de son village, elle fréquentait les messes et offices religieux avec assiduité.  Elle se conforma entièrement à ce que son époque attendait d'elle. Fut-elle heureuse?  Je crois que comme des milliers de femmes de son temps, elle ne se posa jamais la question.  Acceptation, résignation et prières...

vendredi 15 juillet 2011

...Elles ont fait l'Amérique!

J'ai lu en quelques jours ce livre de l'historien Serge Bouchard et de sa co-auteur Marie-Christine Lévesque.
Elles ont fait l'Amérique - De remarquables oubliées. Tome 1.

Tout au long de cette lecture, quelques constats ont germé, puis se sont étoffés dans ma petite tête.

1) Où étaient donc ces femmes exceptionnelles dans nos livres d'histoire? À part Marguerite Bourgeoys, Jeanne Mance, Kateri Tekakwita, Madeleine de Verchères, rien ou presque! Aucun effort n'a été fait pendant longtemps pour ramener à nos mémoires, les grandes et humbles femmes qui ont, elles aussi, contribué à l'Histoire!

2) Tiens, tiens, les premiers français arrivés au Québec optaient en grand nombre pour l'aventure, la découverte, la traite des fourrures et les belles amérindiennes. De ça, il était brièvement question dans nos livres d'histoire au chapitre sur l'intendant Talon prônant l'installation de colons sur des terres, l'organisation des villages autour de l'église, la sédentarité avec ses grandeurs et ses misères.  Il me semble rester bien peu de cet esprit d'aventure des premiers explorateurs et trappeurs français, bien peu de leur audace dans nos gènes québécois.

3) Corollaire de cet esprit d'aventure, le français était parlé dans tout le territoire qui deviendra plus tard le Canada et les États-Unis. Tiens, tiens!  À part, Louis Jolliet, La Vérendrye, Radisson, des millliers de francophones ont, dès le départ, sillonné l'Amérique du Nord????

4) Il ressort de tout cela que les premiers français choisissaient l'aventure, entraient facilement en contact avec les tribus amérindiennes, alors que les anglais de la côte est américaine décidaient de s'installer en colonies de plus en plus florissantes sur les terres amérindiennes, et suscitaient de ce fait des conflits importants avec ceux-ci.

5) La France et l'Angleterre étaient d'abord et avant tout intéressés par la traite des fourrures. Les Anglais davantage, qui  eux créèrent la Compagnie de la baie d'Hudson composée de marchands intéressés par le commerce des fourrures. Ce commerce intensif mena à la quasi extinction du castor, sauvé in extremis grâce à Maud Maloney Watt (surnommée l'ange de la baie d'Hudson) laquelle réussit à convaincre les gouvernements provincial et fédéral d'agir malgré les objections de la compagnie de la baie d'Hudson.

6) La collusion entre les pouvoirs politiques et religieux et son impact sur les "canadiens-français" pendant des décennies m'a redonné comme à chaque fois, envie de vomir, a réveillé ma colère!

7) Eh oui, les gens bien de Montréal, Québec, Trois-Rivières, achetaient des esclaves noirs et autochtones.  Ici comme ailleurs, certains maîtres ont abusé de la situation.

Un énorme merci à l'historien Serge Bouchard et à tous ceux qui font travail de remonter à la surface les personnes et les faits oubliés de notre Histoire. Nos esprits s'en trouvent mieux éclairés!

UN LIVRE À LIRE ABSOLUMENT!  J'ai hâte au tome 2.

...

Un gros merci les amis, pour vos commentaires sur mes précédentes entrées.  Je vous lis tous très attentivement et suis avec bonheur chacun de vos blogues.  Les travaux extérieurs et quelques petits bonheurs estivaux requièrent ma présence! ;-)

jeudi 7 juillet 2011

...un grand bonheur à portée de main !

J'ai reçu "Un assassin blanc comme neige", le nouveau livre de Christian Bobin.
Il est de ces livres qu'on lit tout doucement... pour faire durer le bonheur!  On le voudrait massif ce livre, 1000, 2000 pages : il n'en compte que 94, chacune un pur bijou !
Le bonheur émerge de chaque phrase.  J'imagine Bobin comme un orfèvre du coeur, un musicien des mots.  Tout cela dans une simplicité désarmante.

Quelques phrases prises au hasard:

... Un bourdon au col d'astrakan fouille sans relâche le soleil d'un pissenlit.  Je n'ai jamais vu quelqu'un travailler autant - Bach peut-être.
... Un agneau mange des boutons d'or comme un ermite mâche les paroles de sa bible.
...Les gens assis le long du couloir menant au scanner, je les reconnais au premier regard: c'est le peuple gris du quai de gare d'Auschwitz. Les hôpitaux nous mènent si loin de chez nous que notre âme peine à nous suivre.

Christian Bobin est mon écrivain "du coeur des choses".  Il ne fafine pas, n'essaie pas de faire, il est - il voit - il écrit.  Une dernière phrase, possible lien avec le titre du livre : 
...Écrire comme on commet un crime à froid, en conduisant d'une main ferme le couteau jusqu'au coeur non prévenu.

Bonheur, conscience et courage à tous!

lundi 4 juillet 2011

...un autre clin d'oeil!

Une citation trouvée chez mon amie Gazou aujourd'hui.  Elle m'a donné des ailes malgré la température humide, chaude et lourde.

Pour dire oui, il vous faut transpirer, remonter vos manches et plonger les deux mains dans la vie jusqu’aux coudes.  Il est facile de dire non, même si dire non signifie mourir.  (Jean Anouilh)

jeudi 30 juin 2011

...une naissance difficile!

...que celle de ma première fleur de pavot bleu de l'Himalaya!  J'observais depuis quelques jours le bouton enfler, puis l'enveloppe a craqué laissant voir quelque chose de fripé et de merveilleusement bleu!  C'est alors que là-haut les vannes se sont ouvertes et que 50 mm d'eau nous sont tombés dessus!  Le lendemain matin, malgré les trombes d'eau, la fleur était toute là, un peu meurtrie, parsemée de grains de terre et de sable, mais bien là et bien vivante, toute simple et à l'apparence si fragile.

Au Jardins de Métis d'où vient le plant, on m'avait conseillé de ne pas attendre une floraison avant l'été 2012!  Alors cette fleur de pavot sera le moment phare de mon été 2011.  Le pavot, un habitué des régions froides de l'Himalaya, s'effondre sous la chaleur; depuis, je lui installe un parasol tout au long des journées torrides, ...ce qui amuse beaucoup les petits-enfants!
Ces 3 plants de pavot, c'était le cadeau d'anniversaire de mes 67 ans de moi à moi.  Je me rappelle comme j'attendais fébrilement le courrier postal ce jour d'octobre dernier.  Leur coin de plate-bande fin prêt,  accueillait les plants moins de 3 minutes après leur arrivée!  Ils ont passé l'hiver sous presque deux mètres de neige tombée du toit, neige qui a mis beaucoup de temps à fondre!  Et depuis, les températures vont de pointe en pointe, torrides ou froides.  Pas de demi-mesures!

Parlant météo, ma météorologue préférée, Jocelyne Blouin, quitte Radio-Canada aujourd'hui, pour une retraite bien méritée.  Elle me manquera.  La météo de Jocelyne, c'était la meilleure façon de comprendre ce qui se passait vraiment au-dessus de nos têtes.  Physicienne de formation, météorologue passionnée, elle nous changeait des miss météo cute cute qui débitent des leçons...parfois mal apprises!
Chère Jocelyne, vous avez rejoint dans mon coeur le coloré Alcide Ouellette des années 70-80!

Eh, que j'aime les gens passionnés... et les pavots bleus!

lundi 27 juin 2011

...le triste état du monde!

Une chronique de François Brousseau publié dans le Devoir.  Le Québec est à l'image du monde ces temps-ci!  Aux prises lui aussi avec les grands commis-voyageurs de l'économie mondiale qui ne pensent qu'à maintenir à flot un bateau qui prend l'eau de partout.

Tout est dans tout

François Brousseau 27 juin 2011 Actualités internationales


«Tout est dans tout»: jamais cette formule un peu simpliste n'aura été aussi vérifiée dans les faits. Voyons plutôt quelques grands titres de l'actualité internationale:
•L'OTAN se retrouve peut-être à l'agonie après les interventions de Libye et d'Afghanistan, alors que le secrétaire sortant à la Défense des États-Unis, Robert Gates, exhorte en vain les Européens à dépenser davantage pour leur sécurité... sans quoi, laisse-t-il entendre, l'Alliance atlantique vit peut-être ses derniers moments.

•Le premier ministre grec, Georges Papandréou, se met à genoux devant ses pairs à Bruxelles, quémandant une seconde tranche de 110 milliards d'euros et promettant que «les Grecs vont changer». Pendant ce temps, des publications comme Focus (Allemagne) et Le Nouvel Observateur (France) commencent à esquisser la nécrologie de l'euro, cette monnaie commune dont on avait pensé qu'elle rapprocherait les peuples et garantirait la prospérité.


•Les indignados envahissent les rues de Madrid, de Barcelone et d'Athènes — et peut-être bientôt celles de Lisbonne, de Londres ou de Paris —, aiguillonnés par la baisse du niveau de vie et l'absence désespérante de perspectives. Ils dénoncent aussi des élites déconnectées et leurs mesures d'austérité draconiennes qui, à Athènes mais aussi à Londres et à Dublin, ne semblent pas avoir l'effet escompté sur une reprise bien hypothétique.


•Des vagues de réfugiés en Méditerranée, fuyant un monde arabe en convulsions, viennent cogner à la porte de l'Europe. Une Europe frappée d'épouvante, économiquement à bout, tentée de leur dire: «Non! C'est assez! Restez là où vous êtes!» Résultat direct ou indirect: des dizaines, et peut-être des centaines de malheureux se sont noyés en haute mer.


•Corollaire logique: une remontée de l'extrême droite xénophobe et une hostilité croissante à l'immigration, avec Marine Le Pen qui caracole en France, et le Danemark qui rétablit ses contrôles douaniers... contre la lettre et l'esprit des accords de Schengen sur la libre circulation des personnes.


Voilà un enchevêtrement de troubles et de malaises — européens, mais aux causes et aux répercussions mondiales — qui ont en commun d'être tous intimement reliés les uns aux autres. Une seule grande crise, en somme...

***
L'OTAN, qui se demande avec angoisse si les avions Rafale et Super-Étendard au-dessus de la Libye auront assez de munitions pour passer l'été, est une victime collatérale de la crise fiscale et budgétaire qui — au-delà de la Grèce et de l'Irlande — touche l'Europe tout entière.

Alors que les Occidentaux en armes voient cruellement les limites de leur pouvoir en Afghanistan et en Libye (où ils ne sont même pas capables de donner le coup de grâce à un dictateur d'opérette), il n'est absolument pas question, comme le souhaiterait Washington, que les Européens doublent leurs budgets de défense. Ils n'ont plus d'argent... et surtout pas pour ça! Robert Gates le sait: d'où ses propos extraordinairement francs et pessimistes sur l'avenir de l'OTAN.

Les manifestants dans les rues d'Espagne et d'ailleurs, enivrés par leurs slogans solidaires, que disent-ils aux malheureux qui arrivent aux portes de l'Europe? «Allez, entrez en masse et alourdissons encore les déficits qui nous étranglent déjà?» Pas sûr...

Les analystes espagnols ont d'abord étiqueté à gauche le mouvement des indignados... mais d'autres y détectent maintenant certains éléments de populisme de droite, alors que le ressac anti-immigration est fort en Espagne. Un pays où l'on présentait, au milieu des années 2000, l'immigration de masse comme «nécessaire... et nécessairement bonne». L'Europe, convertie tardivement à cette idéologie et à cette pratique venues du monde anglo-saxon, est aujourd'hui en proie à des révisions déchirantes.

***
Oui, «tout est dans tout»: même l'affaire Dominique Strauss-Kahn a un rapport avec ce qui précède. Qui voit-on s'y affronter? Le puissant et la prolétaire: lui, ex-acteur central de cette «restructuration» mondiale dont tout le monde parle; elle, pauvre immigrée économique d'un petit pays d'Afrique. Et puis les avocats du puissant (DSK le «socialiste») essaient perfidement de déterminer si elle n'était pas... illégale à son entrée aux États-Unis! Crise économique, immigration, sexe, lutte de classes: tout y est.

Et n'oublions pas, pour finir, la tournée, cette semaine — de Budapest à Londres, en passant bien sûr par Athènes — de l'«oncle riche» d'Asie, le premier ministre chinois Wen Jiabao. À la rescousse des infrastructures et des «dettes souveraines» d'Europe, qui en ont bien besoin! Armé de son chéquier... et du slogan «Comment se faire des amis».

***
François Brousseau est chroniqueur d'information internationale à Radio-Canada. On peut l'entendre tous les jours à l'émission Désautels à la Première Chaîne radio et lire ses carnets dans www.radio-canada.ca/nouvelles/carnets.


Notre premier commis-voyageur québécois est lui aussi en tournée européenne cette semaine, pour faire miroiter aux yeux des investisseurs européens les richesses de NOTRE grand nord québécois....

dimanche 26 juin 2011

... la voix de Gerry!



J'ai vu le film "Gerry" ce weekend.  Comme les autres, je suis sortie du cinéma heureuse, émue, troublée, admirative... avec un gros motton dans la gorge qui a du mal à passer.
Heureuse et émue d'avoir retrouvé les chansons et l'interprétation unique de Gerry.
Troublée par le destin tragique d'un gars devenu musique et rocknroll !
Admirative de la performance d'acteur de Mario St-Amand, un grand artiste devenu Gerry de l'intérieur !

Et puis, Offenbach, quel son!  Ça groovait, nous revirait à l'envers, nous déchirait!
Sur Youtube, j'ai écouté chanté Gerry.  Toujours meilleur avec les années.  Toujours vivant aussi!
Ce film que je recommande, n'a pas fini de me faire réfléchir... à une époque que ne peuvent bien comprendre que ceux qui l'ont vécue... qui comme toutes les époques a eu ses grandeurs et ses défaillances.  Le destin de l'homme est ainsi fait, aller de l'avant malgré tout et demeurer "toujours vivant"! En se souvenant!
MARCI GERRY!