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lundi 8 mars 2010

...au sortir du terrier !

Ces jours-ci, mettre le museau dehors, c'est recevoir de plein front une grande bolée de ciel bleu, de soleil éblouissant et de température clémente!  Le printemps est là ... ou presque!  Malgré tout, en forêt il y a des relents d'air froid qui perdurent.
J'adore le printemps et ses promesses, ...malgré les routes boueuses qui se fabriquent des nids de poule à vitesse grand V.  La boue et la saleté, un simple mauvais moment de quelques semaines à passer avant d'accéder à la félicité estivale!
Comme dans la vie quoi!  C'est souvent de la boue de nos douleurs, de nos angoisses, etc. que naissent les plus belles découvertes.  On ne la souhaite pas la noirceur mais quand elle est là, la moindre étincelle prend des allures de torches éblouissantes!

Ce samedi vu le film "Être et avoir" de Nicolas Philibert.
Ce document témoigne de la vie dans la classe unique de l'école communale de Saint-Etienne sur Usson, en Auvergne. Nicolas Philibert a filmé avec finesse et simplicité la vie d'une douzaine d'élèves de la maternelle à la fin du primaire et de leur enseignant, M. Lopez.  Un document pédagogique exemplaire que j'aurais aimé visionner jeune enseignante!  Ce maître maintenant retraité, Georges Lopez, m'est apparu comme un virtuose de la pédagogie.  Attentif, humain, discipliné, il dispense à ses élèves des leçons de vie en même temps que les matières au programme.  Le milieu ne semble pas particulièrement facile et pourtant il m'a semblé qu'aucun de ces jeunes n'oublierait son passage dans la classe de M. Lopez !  Je n'ai qu'une envie, revoir ce film et le faire voir à d'autres.

vendredi 27 juin 2008

....un privilège ou un "dû"!

Hier, j'accompagnais Zoé à son cours de natation à la piscine du village, excusez, de la ville! Comme à l'habitude quelques grands-parents et parents s'éparpillaient aux alentours en attendant leurs rejetons! Pour ma part, un coin de banc, un livre, un stylo et mes lunettes, m'octroyaient le repos que je me refuse trop souvent, avec beaucoup de bonnes raisons!

Derrière moi, deux mamans dans la trentaine discutaient, je devrais dire une maman parlait d'abondance et l'autre écoutait. "Je ne veux pas faire n'importe quel travail! Je veux bien gagner de l'argent à faire quelque chose qui me plaît, autrement j'aime mieux me priver! Pas question de travailler et de gagner moins que les morons qui font la circulation sur les routes! Après tout, j'ai un diplôme universitaire!" Tout à coup, je me suis sentie étrangère, vraiment issue d'une autre époque, pour ne pas dire que je me suis sentie vieille et dépassée!

C'est que j'ai connu les années où les études universitaires, et même le cours classique, étaient réservés aux gens qui en avaient les moyens, ou qui habitaient la ville évitant ainsi les frais de pension. Les années où un diplôme universitaire et le choix de son métier était un privilège. Où travailler relevait aussi d'un geste social, d'un désir d'autonomie et non seulement d'un moyen de faire de l'argent pour s'acheter des "cossins"! Et avant moi, ma mère née en 1918 n'avait pu faire que sa septième année du primaire pour se retrouver à 15 ans chez une tante à aider, et à 16, employée de maison chez un homme d'affaires qui ne pensait qu'à "s'envoyer les p'tites bonnes!" Et pourtant, son plus grand rêve était de continuer ses études!!! Alors, vous comprendrez qu'il m'est difficile de compatir à certains discours, encore plus s'ils sont entachés de mépris à l'égard de ceux qui eux, travaillen,t dans la chaleur, la poussière, l'humidité et souvent la boue de nos routes!