mardi 4 octobre 2011

...l'insomnie!

Ce matin, je me suis bottée les fesses.  De l'insomnie, moi qui dort habituellement comme une marmotte!
J'ai retrouvé une longue note gribouillée n'importe comment en pleine nuit, histoire de pouvoir me rendormir ensuite je crois!
La voici.  Je la partage parce que je suis certaine de n'être pas la seule à souffrir d'insomnie ces temps-ci.

"Je suis furieuse.  Pourquoi l'insomnie à 3h09 a.m.?
Je le sais trop bien.  Encore une fois.  Une fois de plus, je me suis laissée envahir par la colère et le stress de l'impuissance.
Oui ma chère, ton Québec est livré aux traficoteurs, aux affamés d'argent et de pouvoir, à l'omerta.  Et tout ce beau monde semble prêt à tout.  "Nous sommes prêts!" qu'il disait l'autre à une précédente élection. Il nous avait averti!
Mais est-ce une raison pour te tuer à petit feu?
Je vis l'impuissance.  Je suis impuissante.  Qu'est-ce qu'une femme de presque 68 ans qui vit au milieu de la forêt peut changer à la situation?
Et l'impuissance ça me tue.  Le constat n'est même pas exagéré. Moi qui dort à poings fermés, je m'éveille au milieu de la nuit en pensant à la corruption, à ses conséquences.  Je me dis qu'il faut agir vite avant que la gangrène ne gagne.  Pour nos enfants, nos petits-enfants, ceux qui viendront.
Qu'y puis-je moi dans ma forêt? Les magnifiques parures d'automne réussissent à peine à me sortir de la désespérance ambiante!
Je refuse de me laisser miner.  Si au moins ces tortures que je m'inflige servaient à quelque chose!
Ils ne m'auront pas...  Je veux sourire quand même à la vie de toutes mes dents.
Et je retourne dormir!"

Ah! la magie de l'écriture!  Ce matin, je me suis éveillée en forme, le sourire aux lèvres.  J'ai téléphoné à mes filles, parlé à une de mes petites-filles, leur ai dit que je les aimais.  Et c'est reparti.  Mais autrement.  Pour le long terme.  Comme la coureuse de fond que je veux devenir!

Avez-vous des idées d'actions concrètes à me suggérer?  Je suis preneuse.
Merci à l'avance.

9 commentaires:

Le factotum a dit...

Aimer ses proches de tout son être!
Ce n'est que ça, la vie!

C. Sauvage a dit...

Etrange comme les insomnies sont les mêmes au milieu de la forêt et dans le coeur des villes (Paris en l'occurence).
Votre réflexion je viens d'en faire (enfin presque) un livre. A la question finale -que faire ?- je n'ai pas trouvé de solutions. Mais qui peut le faire aujourd'hui ? Quelques chemins quand même:
- Dire non! Se taire fait plus mal que de crier sa colère.
- Résister. Pas d'a-quoi-bonisme. Cela renforce les salauds, les puissants, les indécents.
- Solidarité. Seul on n'est pas rien, mais on n'est pas grand chose. Agir avec les autres et pas seulement pour les autres ou contre les autres.
- Aimer ses proches comme le dit le Factotum. Sa famille, ses amis, ses voisins, ses collègues. Leur tendre la main quand ils en ont besoin et quand ils ne le disent pas. Trop souvent on ignore qu'ils souffrent en silence alors qu'ils sont... proches.

Et puis restez vous-même. A vous lire je me dis que vous en savez sans doute plus que moi.

Dormez bien

PS: Un petit livre extraordinaire peut prolonger votre réflexion: "La décence ordinaire" de Bruce Bégout qui a regroupé des écrit de George Orwell sur la "common decency". Etonnant comme ces textes nous parlent d'aujourd'hui où l'indécence est partout.

Zoreilles a dit...

L'impuissance que tu décris, ça peut bien t'empêcher de dormir. Pareil pour moi, rien ne m'indispose plus que de n'avoir pas d'emprise sur ce qui va mal...

Les avenues et attitudes qu'on te propose sont les mêmes que je t'aurais proposées.

Passer à l'action, voilà mon secret. Surtout que comme toi, « j'haïs » l'ineptie, on dirait que tu me fais un clin d'oeil chaque fois que cette phrase de toi me saute aux yeux quand j'arrive ici, comme si elle était surlignée en jaune fluo!

Et pour passer à l'action, je veux pas dire nécessairement dans la sphère politique (j'y ai perdu mes dernières illusions, je te conseille pas) mais socialement, plus près de toi, pour faire une différence sensible et en ressentir les bienfaits. Ça donne un peu d'emprise, on a l'impression d'améliorer le monde dans lequel on vit. So-so-so-solidarité, c'est tout ce que j'ai trouvé pour résister à l'envahissement et l'indifférence, au je-m'en-foutisme des autres qui me fait peut-être encore plus mal que tout le reste.

Se faire eau pour éteindre le feu, se faire amour pour lutter contre la haine, agir concrètement et à petite échelle pour créer du beau et du bon là où il y a le pouvoir, l'hypocrisie et le département des menteries publiques qui prennent trop de place...

Quelques petites choses que tu fais déjà : Écrire et aimer passionnément, te ressourcer dans la nature, y a que ça de vrai.

Marico a dit...

Merci Zoreilles, Christian et le Factotum.
Vous m'avez réchauffée le coeur, apaisé l'âme. Pour ajouter à vos commentaires, quelqu'un m'a dit cette semaine: "N'aborde surtout les affaires politiques (et économiques) et leurs zones de combat avec ton coeur! Lorsque tu dois y faire face, sers-toi de ta tête. Réfléchis, trouve des solutions". Du coup, j'ai compris qu'on puisse aimer jouer aux échecs!
Entre vous et moi, ça m'est bien plus naturel d'écrire et de peindre que de jouer aux échecs. Les travaux extérieurs terminés, je retournerai à l'atelier. ;=)
Merci. Je vous aime.

Mouah Mainme a dit...

Si cette photo a été prise là où vous habitez, je veux devenir votre voisin...

Je vous souhaite un sommeil heureux.

Accent Grave a dit...

Le simple fait d'écrire ce billet, au prix d'une mauvaise nuit, constitue une action.

Une goutte d'eau dérange peu mais l'averse est ressentie par tous. L'averse n'est rien d'autre que l'ensemble des gouttes d'eau.

Je crois que l'action, sur le plan personnel, c'est par exemple, refuser un travail au noir, c'est cesser de considérer le non paiement de nos impôts comme étant acceptable, c'est exiger la même attitude de nos commerçants et de nos entrepreneurs. Voilà deux petites d'actions possible.

Chaque individu peut écrire à son député. Facile de rendre fou un député dont les citoyens écrivent, parlent, agissent et votent. Il faut sortir d'une certaine torpeur collective. Je crois que nous payons encore pour les deux referendums perdus.

Ne sous-estimez pas la force de vos mots. Nous admirons votre sensibilité face à ce problème qui afflige notre société.

Accent Grave

Michèle a dit...

En tous cas se lever quand on fait de l'insomnie plutôt que d'avoir la "pitourne" est je crois, l'une des meilleures solutions.

Sinon, faire de l'insomnie est un véritable cercle vicieux...quand on dort mal une nuit, on a peur la nuit suivante puis si on a le malheur de se réveiller, ça y est.....ouf! Je déteste mal dormir...Je vous comprends|! La plume semble aider;)

gazou a dit...

l'insomnie, je connais..mais je n'ai pas besoin d'être tracassée pour mal dormir..c'est comme ça
Mais moi aussi je me sens souvent impuissante devant la bétise de l'homme, cet appat du gain et du pouvoir qui cause tant de malheurs...mais il ne faut pas en perdre notre joie de vivre...Le monde en a besoin aussi

Accent Grave a dit...

Les insimniaques devraient se donner rendez-vous sur le WEB, pour échanger dans la nuit!

Je ne suis pas insomniaque mais je dors peu, je m'éveille la nuit.

Accent Grave