vendredi 30 septembre 2011

... et mourir à soi-même!

Le vendredi, j'aime bien repenser l'actualité de la semaine. Prendre du recul, évaluer.

En remettant, ce matin, des draps propres sur mon lit, je réfléchissais.

Cette semaine, il y a eu les témoignages de Jacques Duchesneau, le ras-le-bol d'une courageuse mairesse, de nombreux avertissements à un premier ministre qui m'apparaît de plus en plus sourd. S'agira-t-il d'une semaine comme une autre, qui tombera dans l'oubli? Collusions, malversations, incompétence, irresponsabilité, crime organisé, bandits à cravate, à force d'entendre le message, il semble se banaliser, se perdre dans le programme du weekend à venir, les soucis et les désirs personnels de tous et chacun.

Une phrase m'est revenue, qui avait foutu en son temps le diable aux vaches, faut croire qu'on avait visé juste.
S'en rappelleront ceux de ma génération.

" Vous êtes pas tannés de mourir, bandes de caves! "

Puis, grâce à Google, j'ai découvert le texte du philosophe Nestor Turcotte, un québécois originaire de St-Adelme, près de Matane, un homme comme il y en a peu.  Presque le texte que j'avais en tête, que je porte au coeur.  Je nous invite à la réflexion...  et à l'action.

http://sites.rapidus.net/neturcot/textes/2002/bandesdecaves.html

Hier soir, Marie-France Bazzo en entrevue avec la cinéaste Micheline Lanctôt lui demande, comme à chaque fois:
" De quoi les Québécois ont-ils besoin?"

Après une courte hésitation, réponse de Micheline Lanctôt:
" D'un coup de pied au cul! "

Ça a le mérite d'être direct et j'abonde dans son sens.
J'espère seulement que ce coup de pied au cul ne prendra pas la forme d'un pont qui s'effondre avec morts et blessés graves ou d'une fusillade.  À trop encourager l'inertie, la même vieille berceuse qui endort, on finit par récolter le drame!

6 commentaires:

Barbe blanche a dit...

Et moi, j'adore les fin de semaine...

Accent Grave a dit...

Dans un premier temps je me suis dit: il doit s'être passé des choses extraordinaires cette semaine, c'est juste que la télé ou la radio n'en parlent pas. Faut vivre d'espoir.

Un coup de pied au cul. Je me demande même si ça changerait quelque chose. L'indifférence et l'ignorance semblent avoir conquis les habitants du Québec. Je me demande ou trouver l'espoir.

Accent Grave

Marico a dit...

Barbe blanche: Ouain! Les fins de semaine, un p'tit répit: les journalistes semblent en vacances.

Accent Grave: Il m'arrive de désespérer un peu malgré toutes mes bonnes résolutions! :-(

Zoreilles a dit...

Voilà la phrase-clé de ton bllet, je trouve : « à force d'entendre le message, il semble se banaliser ». Quand t'as dit ça, t'as tout dit. Je n'en suis pas fière non plus, mais c'est la réalité.

Micheline Lantôt, je l'adore, avec son regard extrêmement lucide qu'elle porte sur la vie et le monde, tout en demeurant humaine, profonde, authentique à mort et réfléchie comme pas une.

As-tu vu son dernier film, Pour l'amour de Dieu? Il est boudé par les cinéphiles et la critique, à cause de son titre ou de son contenu, mais Lanctôt ne fait aucun compromis pour raconter ce fait vécu qui dit beaucoup d'où l'on vient, comme Québécois, parce que l'histoire (vraie) se passe en 1959 et c'est la société qu'on était alors. Et voilà ce qu'on est devenus... On mérite des coups de pied au cul, elle a tout à fait raison.

Dans son dernier film, Micheline Lanctôt ne fait pas la même erreur que pas mal de monde au Québec, elle n'a pas jeté le bébé avec l'eau du bain, elle nous dépeints (la société du Québec) comme on a été, sans porter de jugement. Elle n'a pas de comptes à régler avec l'église ni de mépris inutile à l'endroit de ce que nous avons été. Micheline Lanctôt se sert du médium cinéma pour communiquer ce qu'elle pense. Elle fait oeuvre utile, pour peu qu'on l'écoute... Mais notre société manque d'écoute, ça me semble évident. Alors on continue d'envoyer aux premières places du box office « Les Boys » et autres divertissements pré-formatés de 90 minutes qui s'harmonisent tellement bien avec le popcorn...

Quand on sera capable, comme société, de regarder sans émotion et sans jugement d'où l'on vient, ce sera un grand premier pas de franchi vers un nouveau commencement pour le Québec d'aujourd'hui et on arrêtera peut-être de niveler par le bas et de s'autosaboter? C'est mon seul espoir. En fait, non, j'en ai un autre : la jeunesse.

C'est peut-être pour ça que j'ai tant aimé « Pour l'amour de Dieu ».

Marico a dit...

Ma belle Zoreilles
Merci de partager ta réflexion. Micheline Lanctôt, "L'amour de Dieu". Cette femme directe et généreuse, moi aussi je l'aime depuis toujours. Nous avons en commun un lieu de naissance et l'Époque!
Vrai qu'elle n'était pas qu'abus et bondieuseries cette époque. Je me rappelle encore de Soeur St-Éloi directrice du minuscule et vieux couvent de campagne où j'étais pensionnaire en première année. N'eût-été d'elle et du curé, je me demande bien comment cette petite fille se serait sortie de la coupure d'avec sa famille!!! Il y avait leurs valeurs aussi, de dévouement, de travail bien fait. Ces deux personnes, la directrice et le curé, avaient en commun une grande ouverture d'esprit et de coeur! Ce qui m'a permis de comprendre que c'était ce qu'il y avait de plus important, l'ouverture du coeur et de l'esprit.
Je n'ai pu voir que tout ce qui était disponible sur YouTube du film de Micheline Lanctôt. J'ai suggéré qu'on puisse le visionner à notre ciné-cabaret. Les villes aux alentours ne présentent que des blockbusters américains. J'en reparlerai certainement.

Zoreilles a dit...

Pour ma part, j'étais étonné que notre cinéma (commercial) présente dans la plus grande salle (la salle Gilles Carle) ce film de Micheline Lanctôt, ils ont plutôt l'habitude des blockbusters américains aussi. Mais c'est triste à voir comme la salle est vide.

J'ai envoyé du monde que je savais qu'ils l'aimeraient. Ils l'ont aimé tellement mais ils me disaient qu'ils étaient toujours en très petit nombre à chaque projection.

Mince consolation, notre Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue viennent de le programmer pour la « tournée du Festival », c'est déjà une belle reconnaissance.

Tiens-nous au courant si tu réussis à obtenir ta demande spéciale à ton ciné-cabaret!