jeudi 25 août 2011

...Là où le bât blesse!

Notre ineffable John James Charest est froissé.  Sa sensibilité est aiguisée. Son ego, blessé.  Amir Khadir a osé le comparer et dire tout haut ce qu'un grand nombre de Québécois pense. 
Je suis triste du départ de Jack Layton.  Une très très grande perte, d'autant plus grande qu'il avait su éveiller l'espoir chez plusieurs.  Je veux croire qu'il a été le premier d'une cohorte de nouveaux politiciens, qu'il est parti en indiquant la voie à d'autres qui, EUX, sauront écouter les citoyens.  Pour ceux qui l'auraient manquée, cette dépêche de la Presse Canadienne:

Japon: Jean Charest piqué au vif par Amir Khadir

2011-08-25 10:32:48
(Source: Radio-Canada) Amir Khadir tente de « politiser » la mort de Jack Layton à des fins partisanes, a soutenu jeudi le premier ministre Jean Charest. En visite au Japon pour assurer la promotion du Plan Nord, M. Charest a tenu à répliquer au cochef de Québec solidaire qui lui a fait la leçon la veille en évoquant les qualités du défunt chef du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Amir Khadir tente de « politiser » la mort de Jack Layton à des fins partisanes, a soutenu jeudi le premier ministre Jean Charest. En visite au Japon pour assurer la promotion du Plan Nord, M. Charest a tenu à répliquer au cochef de Québec solidaire qui lui a fait la leçon la veille en évoquant les qualités du défunt chef du Nouveau Parti démocratique (NPD).

« Par manque de jugement, Amir Khadir a voulu exploiter la mémoire du charismatique leader du NPD mort des suites du cancer », a dénoncé le premier ministre, manifestement piqué au vif. « C'est vraiment un commentaire regrettable, d'autant plus que nous déplorons tous le décès de M. Layton et c'est une période de deuil. Franchement, il ne faudrait pas politiser une situation comme celle-là. Je n'en dirai pas davantage », a lancé le premier ministre en point de presse à Tokyo.

M. Khadir a soulevé la controverse lorsqu'il a invité Jean Charest à s'inspirer, dans le dossier de la réforme de la loi sur les mines, des qualités d'écoute qu'incarnait le populaire politicien.

« Dans son hommage à M. Layton, M. Charest a reconnu les qualités de cet homme. Quelles étaient ses qualités que M. Charest a peut-être oublié de mentionner? Il était à l'écoute des citoyens. ([Il était de ces] politiciens qui agissent au nom de l'intérêt de l'ensemble de la population, et non des intérêts particuliers, des investisseurs étrangers ou des amis du parti », a affirmé le leader de gauche, mettant ainsi en opposition MM. Layton et Charest.

Pour le premier ministre, ce sont là des propos déplacés et de mauvais goût, d'autant plus que les obsèques du défunt n'ont même pas encore eu lieu. « Les funérailles de M. Layton vont se dérouler samedi et on n'a pas à en faire un débat politique. C'est un manque de jugement, je peux juste dire ça », a-t-il laissé tomber.

Jean Charest vend le Plan Nord

Mais les récriminations d'Amir Khadir sur la politique minière du gouvernement du Québec semblaient bien peu préoccuper M. Charest jeudi lorsqu'il s'est adressé à quelque 160 invités de la Chambre de commerce du Canada au Japon (CCCJ) dans un hôtel de la capitale nippone.

Sur une tribune où était affichée une carte du Québec format géant, le premier ministre a expliqué les grands chapitres du Plan Nord et invité les entrepreneurs japonais à prendre part à l'exploitation des ressources minérales.

Avec son fer, son or, son nickel, ses diamants, ses éléments de terres rares (ETR) et son lithium, le sous-sol québécois comporte le potentiel d'offrir au Japon un approvisionnement stable et sûr de métaux, a-t-il fait valoir.

Il y a au Québec des ressources naturelles « comme nulle part ailleurs dans le monde », a insisté le premier ministre, dont l'allocution a été saluée par l'ambassadeur du Canada, Jonathan T. Fried.

Invité attentif aux propos du visiteur québécois, l'ex-économiste en chef de la Banque de Tokyo aujourd'hui à la tête du Conseil du patronat japonais, Keniichi Honda, s'est montré enthousiasmé par les occasions d'affaires que présente le Plan Nord. « Bien des entreprises japonaises importantes sont intéressées par les partenariats, a-t-il dit, rappelant que la situation monétaire actuelle du pays favorise l'emprunt pour des investissements à long terme. Votre premier ministre est arrivé à point nommé, c'est le bon moment. »

À ses côtés, le professeur Takahiro Miyao, de l'Akita International University, affichait un peu plus de réserve. « J'ai parlé à des gens d'affaires et certains sont hésitants à investir au Québec à cause de la grande très distance par rapport au Japon. Aussi, le Québec est moins connu que d'autres marchés à travers le monde », a-t-il expliqué.

À cause de sa relative proximité avec le Japon, bon nombre d'investisseurs lorgnent du côté de l'Australie, autre pays riche en métaux.

PS. Je vous renvoie à l'intéressante réflexion du "Gros bon sens" sur la question:  http://www.grosbs.com/

5 commentaires:

Accent Grave a dit...

Je demeure quelque perplexe face à cet élan d'amour envers Jack Layton. L'homme était sympathique et semblait avoir une bonne écoute mais on ne l'aura jamais connu au pouvoir. À ce stade il y a des contraintes qui ne sont pas évidentes tant qu'on n'est pas confronté à cette réalité.

Cela n'enlève rien à ses qualités. Il ne faut pas oublier qu'on a souvent eu de bons hommes politiques et de grandes femmes aussi. En exerçant le pouvoir, on ne les voit pas avec la pureté que ces gens semblaient avoir avant d'être élus.

Suffit de comparer notre société avec d'autres pour réaliser que notre passé politique est assez glorieux. Plusieurs grands personnages n'ont pas été appréciés à leur juste valeur.

Nous sommes en quête de héros, Jack Layton incarne le héros qu'il aurait pu être.

Accent Grave

Marico a dit...

Cher Accent Grave,
En accord avec tout.
Sauf..."notre passé politique est assez glorieux"!
Ça dépend... Je préfère me mesurer au meilleur et non au pire et j'aurais tendance à appliquer la chose à la gouvernance aussi!
Nous vivons une époque à la fois triste et remplie d'espoir. Triste lorsqu'on regarde autour de soi, mais remplie d'espoir par choix personnel et parce que nous sommes nombreux à combattre l'ineptie. Important de faire confiance à son jugement personnel lorsqu'on entend la voix des sirènes qui nous font mille et une promesses pour mieux nous fourrer! Les grands ténors, je les aime à l'opéra, pas en politique.

Accent Grave a dit...

Marico,

Que j'aime échanger avec vous!

Malheureusement, des faux chantres, il y en trop, il y en a partout, dans tous les pays. J'oserais dire que meilleurs sont les chantres, plus grandes sont crises, plus graves sont les conflits, plus dramatiques sont les guerres.

Malheureusement, nous ne voterons jamais pour celui ou celle qui possède beaucoup de jugeotte mais qui est sans voix. Triste réalité.

Je n'aurais peut-être pas dû parler de "passé glorieux". Le terme est fort sauf qu'en examinant l'histoire des autres pays, des autres continents, je considère qu'on s'en tire très bien.

Nous avons eu de grands, de très grands politiciens au Québec et ailleurs au Canada. Nous avons eu de très grands personnages publics.

Il faut bien sûr espérer mieux, je voudrais bien un pays, je voudrais un peu plus de fierté, je voudrais un peu plus d'efficacité et un peu plus de justice sociale. Je voudrais que le sentiment de responsabilité accompagne plus souvent nos exigences vis-à-vis nos gouvernements. Je voudrais que l'on ait l'esprit entrepreneur, que l'on s'occupe plus de nos affaires plutôt que d'espérer que les autres viennent s'en occuper en échange de quelques emplois.

Charest vend son plan Nord. Il a raison de dire que nous vivons sur une terre particulièrement riche. Pourquoi aller chez les Japonnais? Pourquoi demander aux autres de venir chercher ces biens? Comme notre énergie est la moins chère au Monde, qu'elle ne pollue pas, pourquoi ne pas transformer ces minéraux ici? Pourquoi IKÉA n'est-il pas québécois? Notre pays est bien plus vaste que la Suède, plus riche en bois et nous avons de bonnes têtes ici, autant qu'ailleurs.

À ce stade-ci, je ne blâme pas Charest de vendre nos ressources, nous n'osons rien faire ici. Peut-être que c'est justement ce qu'il faudrait changer... peut-être qu'un jour nous aurons un leader qui attaquera cette facette... qui sait!

Accent Grave

N.B.

Je viens de terminer le livre de Serge Bouchard au sujet des femmes qui ont fait l'Amérique. J'ai beaucoup aimé.

Le factotum a dit...

Quelqu'un va-t-il se lever pour dire à Ti-Jean qu'il ne peut donner à tous et chacun nos richesses naturelles sans avoir l'accord de tous les Québécois.
Vite un changement de gouvernance.
Ça presse.

seb haton a dit...

A lire vos blogues et en observant ce qui se passe en France, je me dis qu'il y a quelque chose d'extrêmement pourri au royaume des vieilles démocraties.
Étant donné que les vieilles dictatures ne dépourrissent pas, c'est le monde entier qui fait la gueule.
Entre gens de bonne volonté, nous croyons encore en l'avenir, mais faisons-nous bien ?
Bien à vous,
séb h.