jeudi 5 novembre 2009

...Shahrâzâd, raconte-moi!

Les jours sont, ou lents et vides de substance vivante, ou remplis à ras bord d’obligations, de fébrilité et… vides aussi de substance vivante. Je n’aime pas cela. Ce n’est pas dans l’ordre de ce que j’attends de la vie. De là à soupçonner qu’en cours de route, j’ai négligé, oublié ou renié des essentiels, il n’y a qu’un pas!

Je suis connue comme une bonne conteuse d’histoires ! Intéressante, amusante, avec de l’humour et une capacité réelle à ne pas me prendre au sérieux… lorsque je raconte aux autres, …parce que souvent, les mêmes histoires si j’osais me les raconter à moi-même, me feraient peut-être pleurer, tout au moins me laisseraient la gorge nouée et le cœur lourd. Je m’auto-dérisionne!

Une histoire, c’est l’évasion, la fuite, l’oubli. Je découvre que ça ne tient plus ce genre d’histoires si tout semble tourner à vide, si quelque chose cloche.

Je rêve toujours de raconter de belles histoires profondes, merveilleuses, de celles qui guérissent les plaies, apaisent le mal de vivre, redonnent goût à la vie. Des histoires qui soient comme un pain chaud lorsqu’on a faim et qu’il fait froid, comme un sourire chaleureux, un regard intéressé, lorsqu’on est seul! Des histoires qui font se tordre de rire!

Pour devenir bonne raconteuse d’histoires, il faut ne plus se raconter d’histoires à soi-même, et pour ce faire, d’abord s’en raconter une sans maquillage, ni garniture, ni complaisance : l’histoire de soi!

J’envie ces gens qui savent qui ils sont, qui promènent leurs certitudes avec eux… même si c’est pour se rassurer! J’ai, pour ma part, eu des dizaines de fois la certitude de m’être trouvée… avec sincérité et tout l’engagement dont je suis capable. M’ont suivie quelques amis qui me considèrent bizarrement comme quelqu’un de stable.

La vérité? Je haïs les classifications, la mise en boite. Le fil à la patte, très peu pour moi. Je rêve parfois d’arriver au port, à mon port d’attache, au pays qui est le mien!

« Homme, connais-toi! » Depuis des milliers d’années, au fronton d’un temple, les lettres gravées indiquent la voie. C’est là qu’il faut sans cesse recommencer.

Notre époque laisse peu de place à la recherche, encore moins à la réflexion, occupés que nous sommes à bien suivre les normes, à être du troupeau! La paix intérieure, apprise enfant dans le silence de la nature et des églises, et qui m’a servi de refuge dans les moments tragiques, voilà qu’elle n’a plus souvent place dans mon cœur inquiet, mon esprit préoccupé.

Notre siècle, notre temps, celui de la quantité et…des déchets! Des déchets qui pourrissent le corps et l’âme et toute la vie! Et on parle de « progrès »! Nous inventons, mais de toute évidence, sommes incapables de prévoir et d’assumer les conséquences de nos inventions.

Je veux m’arrêter, tout arrêter de temps à autre et prendre le temps de reconnaître ou de découvrir autour de moi, la beauté du tout-petit minuscule. J’en ai ras le bol des images fugaces, des idées filantes qui se perdent.

J’avais rêvé d’un Guide qui m’apprendrait la vie, l’univers, à comprendre le monde et les autres! Il y a eu Giono, Rilke, Bobin, Jung, Miller, Tournier… entre autre! Ensuite, j’ai voulu me prouver que je pouvais réaliser des choses, organiser, planifier, être efficace, réaliste, concrète, exigeante, dure envers moi-même et parfois envers les autres. J’ai appris que tout est possible à condition d’y mettre le prix. C’est au fond cela qu’il faut savoir : ce qu’on veut réussir et jusqu’où faire monter la mise! Ce qu’on est prêt à payer pour y arriver!

Quant au véritable Guide, il était là, je le portais en moi. Il lui en aura fallu du temps pour se faire entendre à celui-là! Peut-être attendait-il seulement que cesse le vacarme?

9 commentaires:

Solange a dit...

Justement c'est dans le calme qu'on peut se retrouver. La marche solitaire est très bénéfique pour ça.

gazou a dit...

J'ai bien aimé ton article et je partage tout à fait tes réflexions..Le guide est vraiment en nous -même, c'est vrai..mais les autres nous aident parfois à l'écouter...

Pierre F. a dit...

C'est comme si le St-Graal ne pouvait exister sans la quête, comme si seule la quête pouvait nous dévoiler la vraie nature de ce qu'on poursuit.

Djemaa a dit...

Bonne soirée et merci pour ces visites sur mon blog! Pascal, journaliste.

Helianthine a dit...

Ton billet m'a incité à chercher un texte dans le libre intitulé "maktub" de Paulo Coelho et que je te livre en comentaire:
"Tous les maîtres affirment que le trésor spirituel est une découverte solitaire. Alors pourquoi sommes nous ensemble? demanda un disciple à son maître.
_Vous êtes ensemble parce que la forêt est toujours plus forte qu'un arbre isolé, répondit celui-ci. La forêt conserve l'humidité, résiste mieux à l'ouragan et contribue à la fertilité du sol. Mais ce qui fait la force de l'arbre , c'est sa racine. Et la racine d'une plante ne peut pas aider une autre plante à pousser.

Helianthine a dit...

commentaire et non comentaire quelle horreur! Pardon

Marico a dit...

Mais non Hélianthine, tous tes commentaires sont bienvenus. Et surtout celui-là n'a absolument rien d'horrible. ;-)

gazou a dit...

L'extrait de Coelho que Hélianthine nous rapporte correspond tout à fait à ce que je pense..bonne journée !

Nanou La Terre a dit...

Bonjour,
c'est par l'entremise d'un commentaire intéressant sur un billet de Grande Dame que je me retrouve ici.
la paix intérieure, je la retrouve lorsque je vais faire un petit séjour en retraite, seule à seule avec moi-même.Tout est à ma portée: la forêt, la chapelle, l'oratoire, le silence, les livres, le lit pour dormir. Je n'ai qu'à choisir ce que j'ai envie, au moment où j'en ai envie, sans culpabilité. Je m'y sens en sécurité. Cet endroit me rempli d'une grande paix.